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steph.tchadNovember 12 retour en FranceLalé tout le monde,
je suis vraiment désolée de ne pas avoir écrit plutôt mais entre l'année dernière où internet ne marchait pas du tout et ce retour en France plutôt mouvementé à cause du nouveau boulot avec quatre niveaux différents et emménagement... Je voulais juste vous prévenir de mon retour à Paris et vous annoncer que bientôt il y aura la suite de mes aventures au Tchad car j'ai encore beaucoup de choses à raconter de ces deux ans.
A bientôt donc
March 29 enfin des vraies news!29 mars 2008 :
Bonjour tout le monde, me revoilà enfin ! mais j’avoue que ces derniers temps passent à une allure folle et je sens que le départ est proche. Je vais essayer de vous raconter tout ce qui s’est passé depuis mon dernier blog :
Miracles de Pâques : Le premier miracle a été les vacances car j’en avais vraiment besoin : fatigue et ras le bol des élèves qui ne travaillent toujours pas plus qu’au début ! J’en ai profité pour aller passer un petit week-end à Maro (cf chapitre suivant), mais surtout à me reposer, lire, regarder des films et sortir un peu vu que l’état d’urgence a été enlevé. Enfin vacances reposantes même s’il commence à faire vraiment très chaud (35°-40° à l’ombre bien sur) et donc je reste toujours fatiguée. Je suis quand même contente que les vacances se terminent même si je sais que dans une semaine je voudrais y retourner mais bon j’avoue que je tournais un peu en rond sachant que la plupart des amis n’étaient pas en vacances et que Anne en a profité pour vadrouiller un peu. Sinon, heureusement que l’électricité est revenue juste avant les vacances (deuxième miracle de Pâques). En effet depuis Noël il n’y a plus d’électricité à Sarh à part bien sûr pour ceux qui ont un groupe ! Nous n’en avons pas mais par contre il y a celui de la STEE (société tchadienne d’électricité et des eaux) qui est juste à côté de nous qui fait un boucan d’enfer toute la journée et on est très content à chaque fois qu’il s’arrête. Ce groupe sert à alimenter Sarh en eau donc j’avoue qu’il est quand même important surtout en période chaude comme en ce moment. D’après les rumeurs, c’était le vilebrequin du groupe qui a lâché et donc il fallait le faire venir d’Europe. Donc deux mois plus tard, nous avons eu la chance d’avoir 24h d’électricité mais là gros problème ils ont surchauffé le groupe et du coup tout a disjoncté et brûler ! Là j’ai vraiment pensé que je ne reverrais pas la lumière artificielle avant mon retour en France mais bon on se trompe souvent ici. Donc, toujours d’après les rumeurs ils ont fait venir tous les techniciens spécialisés du sud pour réparer le vieux groupe. Vous me direz mais ils n’avaient pas un nouveau groupe l’an dernier mais ils l’ont foutu en l’air et donc ils ont fini par réparé le vieux groupe. Mais bon nous n’avons pas à nous plaindre car nous sommes reliées au groupe de l’école et par conséquent nous avons quand même un peu d’électricité le matin et le soir jusqu’à 20h puis après c’était dodo ou lecture à la torche ou la moitié d’un film quand mon ordi le veut. Sinon, vous me direz jamais deux sans trois mais une fois n’est pas coutume, il n’y en a pas eu de troisième à part peut être que nous n’entendons plus des rebelles !
Week-end à Maro : Le premier week-end des vacances, je suis partie à Maro avec un ami pour m’aérer un peu. C’est une ville qui se trouve à 120 km au sud de Sarh proche de la frontière du centrafrique. Nous sommes partis de la maison à 9h du matin nous avons attendu avec un coca jusqu’à 13h l’occasion du marché qui une fois chargée à bloc peut partir enfin ! Ensuite, après nous nous arrêtons à Danamadji où là on m’a un peu asticoter car paraît-il il fallait prévenir Sarh de mon départ ensuite j’ai dut aller dans le bureau des « agents secrets » du Tchad pour savoir où j’allais d’où je viens… Enfin au bout d’une demi-heure ils m’ont lâchée et ils n’ont pas eu ce qu’ils attendaient (c’est à dire de l’argent). Ensuite nous continuons, tout en s’arrêtant de temps en temps pour faire des courses ou pour la prière… Au final, nous sommes arrivés à Maro à 17h où là aussi nous avons du s’inscrire sur un cahier avec questions… Nous nous sommes installés et pris une bonne douche au presbytère et nous avons ensuite discuté et mangé avec l’abbé Pascal. Puis comme il faisait très chaud après une petite ballade nous avons dormi dehors. Je suis rentrée vers 24 h à cause des petites bêtes et moustiques. Le lendemain matin c’était les rameaux et donc nous avons assisté à une messe de trois heures minimum et tout en Sara ! Puis nous avons été rendre visite à une nasara (blanche) qui travaille à Maro pour Mentor (association de la lutte contre le paludisme) et à Fortuné qui travaille aussi dans une ONG car Maro est un grand point de rencontre des ONG vu qu’il y a juste à côté les camps de réfugiés pour les Centrafricains. Nous avons, avec fortuné, fait un tour de la ville qui est en fait un petit village avec que des cases et il n’y a pas du tout d’ électricité. C’est pourtant une préfecture et l’une des premières villes à être colonisé vu que les missionnaires sont arrivés par le centrafrique. Puis l’on s’est arrêté dans un bar « bon anniversaire » pour boire bière chaude et pour moi coca chaud. Ensuite nous avons rejoint l’abbé Pascal pour déjeuner puis nous avons rejoint Fortuné pour réserver mon occasion du marché pour le lendemain. Une fois réservée et avec l’assurance qu’elle partira au maximum à 8h30 nous avons refait un tour de la ville et rebu de la boisson chaude. Après nous avons discuté avec la famille de Fortuné et un ami nous a rejoint et on a refait un petit tour. Après quatre fois le tour de la ville et six cocas chauds, nous avons retrouvé nos appartements pour manger et dormir. Le lendemain mon ami est parti pour la Centrafrique et moi je m’en suis allée vers 10h30 pour arriver vers 13h à Sarh après bien sur une petite halte à Danamadji qui voulait de moi un petit souvenir de 5000f qu’ils n’ont pas eu.
Vacances de Noël : Comme je vous parle de vacances, j’en profite pour vous raconter un petit peu le séjour des parents ici. Ils sont arrivés le samedi soir avant Noël et ont été à NDJ pendant deux jours où ils ont quelques déboires avec des photos qu’ils devaient faire mais comme cela ils ont bien vu la ville plus que je ne l’avais fait moi-même. Ensuite après une incertitude ils sont partis avec le père Bertrand le mardi. Après deux jours de voyage (panne, arrêt à Moundou pour voir la mère de Bertrand) ils sont arrivés à Sarh le mercredi midi, après discussion, repas, je les ais emmenés déposer leurs bagages au centre d’accueil puis nous avons fait une petite ballade sur le bord du Chari et l’on a prit un pot à l’hôtel des chasses. Ensuite repas et dodo très tôt car ils étaient tout de même très fatigués. Moi, j’avais toujours cours et donc le matin pendant mes cours ils ont fait les courses avec François notre cuisinier. L’après midi, nous avons put visiter un peu la ville : marché pour faire quelques courses, musée, centre artisanal, cathédrale où ils ont put assister à la messe dominicale, la procure, évêché, les écoles où je travaille, le dispensaire de Maingara, la CST avec visite de l’usine, des cannes à sucre et l’on a aussi vu un champ qui flambe, on a été aussi dans la maison d’un ami pour manger la boule et la sauce au gombo… Après quatre jours, je pense qu’ils ont vu l’essentiel de la ville et de mes amis. La veille de partir nous avons fêter comme il se doit Noël avec foie gras et vin à gogo !!! et j’ai même eu des beaux cadeaux livre et DVD (merci les frérots). Nous sommes partis le lundi pour fêter Noël à Goundi avec les autres coopérants et les sœurs de la ville. Puis nous partons en emportant les coopérants pour faire un petit périple du sud du Tchad. Après un début tumultueux à cause d’une crevaison, nous avons pris la brousse pour aller vers l’ouest où nous nous sommes arrêtes à Laï pendant presque cinq heures en attendant le bac pour passer de l’autre côté du fleuve. L’attente était un peu longue mais le paysage était somptueux ! Après avoir payé le double du tarif car c’était le jour de Noël nous avons continué jusqu’à Kello pour y dormir et essayer de se restaurer. Le lendemain nous sommes repartis pour aller direct, tout en admirant le superbe paysage très différent, à Léré. Léré est un endroit très joli avec deux lacs où nous avons prit des photos somptueuses de couchés de soleil, de pêcheurs, d’enfants… Nous avons été aussi dans un petit village de poterie, visité Léré avec son grand marché. Après deux jours de repos nous allons à NDJ (avec toutefois une petite crevaison). Nous avons visiter un peu la ville, nous avons été aussi dans un petit village de potier. Puis nous avons joué les touristes en allant à Douguia qui est un complexe avec piscine… Nous avons fait un petit tour en pirogue et l’on s’est reposé tout en visitant le village d’à côté. Nous sommes rentrés pour fêter le 31 décembre dans un grand restaurant de NDJ. Puis le lendemain nous avons été dans la famille d’un ami pour fêter le 1er janvier et le soir c’était déjà le départ pour mes parents et pour moi le lendemain car le jour d’après les cours reprenaient. Je pense qu’ils ont trouvé ce pays très beau mais malheureusement ils ont été très choqués de la pauvreté et des Tchadiens eux-mêmes qui sont toujours souvent pessimistes et encrés dans la tradition. Mais bon cela est prévisible il faut plus de temps pour pouvoir apprécier des petits moments magiques de ce pays.
Bon me voilà à la fin de mon récit toujours pareil si vous voulez d’autre détails n’hésitez pas à me le demander. Bon week-end à tous et bientôt Sinon je vais essayer de mettre des photos sur mon blog mais je ce n’est pas gagné car Internet marche vraiment très mal. February 25 différents problèmes!!!salut tout le monde, ici c'est redenouveau calme même si c'est encore très tendu! Sinon, Je vous écris rapidements pourquoi cette anée je ne suis plus aussi fiable dans ma régularité mais c'est dut à de multiples facteurs dont plusieurs indépendants de ma volonté. En effet depuis maintenant deux mois nous n'avons plus d'électricité et en plus pendant trois semaines nous n'avons pas eut d'internet et même maintenant ca va mais très lentement! Donc soyez patients, dès que cela s'ameliorera j'écris tout un long récit sur les événements et sur ce qu'il se passe à Sarh. A bientot et je vous souhaite pour ceux qui en ont bonnes vacances moi ce n'est que dans un mois! February 02 newssalut tout le monde, je crois comprendre qu'en France on parle du Tchad et cela inquiete beaucoup de monde. Non il ne faut pas, ici à sarh c'est toujours tranquille par contre les
dernières news à la radio nous disent que la ville de NDJ serait prise
par les rebelles mais bon c'est encore un peu flou on en sera plus avec
les nouvelles de 19h30.
Par contre je n'arrive pas à recharger mon tel donc je peux recevoir
texto et appel mais pas envoyé. Bisous et ne vous en faites pas tout va
bien ici
Stéphanie Vous tiens au courant dés que je peux Passez un bon week end December 03 re retour au tchad!!!02 décembre 2007 :
Lapia, voila je reprends enfin ma plume (enfin mon ordinateur ! Eh oui la technologie d’aujourd’hui). Après deux mois et demi d’absence mais pour la plupart d’entre vous savent pourquoi.
Le rapatriement : Deux semaines après vous avoir écrit, je suis restée durant une semaine au lit ne pouvant me lever à cause d’une forte fièvre (non-stopp 39-40°). Au bout d’une semaine, après quelques examens qui n’ont rien donnés ; Le Dr Lydia (une médecin allemande qui travaille dans un dispensaire à Sarh dans le quartier de Mainguara) a décidé de me rapatrier sur NDJ. Le lendemain je suis donc partie avec un avion privé (s’il vous plait) avec Anne ma nouvelle colocataire (cf. après) qui commençait elle aussi à être malade (finalement ce n’était qu’une angine avec otite). Nous avons été suivies par le Dr Blum (médecin français de l’ambassade) qui lui non plus n’a rien trouvé et que je continuais d’avoir 39° de fièvre le soir, il a décidé de m’envoyer en France afin de faire de plus amples examens qu’ils ne peuvent pas faire au Tchad. J’ai donc pris Air France en classe affaire (foie gras, champagne, vin, moelleux au chocolat, télé perso… Le pied quoi ?). J’ai retrouvé mes parents à l’aéroport et ils m’ont emmenée à l’hôpital non sans problème (eh oui c’était la grève du coup 4h30 de trajet pour rejoindre Paris). J’ai donc fait moult aller retour à l’hôpital et nombreuses prises de sang afin de savoir mon mal malgré que je n’aie plus eu de fièvre depuis mon retour en France ! Je suis restée deux semaines et j’en ai profité pour me reposer, voir quelques amis, la famille… tout en espérant rentrer le plus tôt possible pour retrouver mes petits diables d’élèves. Après deux semaines et aucunes réponses fixes (dengue ou virus tropical qui de toute manière ne se soignent pas !) Le Dr m’a permis de rentrer au Tchad. J’ai pris l’avion quelques jours après l’avion (en seconde !) Et j’ai attendu deux jours pour rejoindre Sarh sans encombre cette fois ci (10h de route seulement).
Retour à Sarh : Je suis donc arrivée le vendredi 09 novembre, j’ai donc pu me reposer le week-end et j’ai repris directement mes cours. J’avoue que les deux premières semaines ont été plutôt épuisantes et en fin de semaines j’ai été lessivée mais après un mois et demi sans cours cela était prévisible. Surtout que la fin de trimestre arrive et donc je devais avoir au moins quatre notes pour le relevé de notes, j’ai donc du faire dans chaque classe des contrôles. J’ai terminé enfin mes copies du CCL après non-stop deux semaines de correction. Enfin, la routine quoi ? Sinon, vous devez vous demander ce qui a changé depuis l’an dernier. Et bien mes élèves sont les mêmes : ils travaillent trop peu et les notes sont catastrophiques (surtout en quatrième). De plus j’ai une classe de plus vu que je donne des cours dans une autre école : petite école qui se trouve dans le quartier de Mainguara et qui est tenue par un collègue de Français du CCL. Il m’a demandé si je pouvais les aider et même si cela me fait 5h en plus j’ai dit oui ! Cela me permet de voir les véritables conditions dans d’autres écoles. J’ai une classe de 4ième là-bas et ils sont 50 dans une petite salle, ils n’ont pas de livres et sont plutôt bavards, ont un petit niveau et ne travaillent pas beaucoup non plus !
Sinon, je vous en parlais précédemment, j’ai une nouvelle colocataire qui est aussi prof de maths en 6ième et 5ième même si en France elle travaillait dans l’informatique. En tout cas la cohabitation dans notre villa du CCL se passe très bien et j’ai l’impression qu’elle se sent déjà bien ici même si elle aussi elle en a marre des copies !
Sinon, je sors de temps en temps dans les bars, j’ai retrouvé Samia, David, les jésuites, les collègues et les prêtres…
Il y a aussi un grand changement cette année nous avons un cuisinier du coup on mange beaucoup et bien. Il nous fait de bons petits plats à la française : hachis Parmentier, gratin, blanquette, pizza, couscous, gâteaux…
Je dois vous quitter pour me préparer à aller manger chez les jésuites (eh oui ça non plus cela n’a pas changé tous les dimanches midi on mange avec les jésuites). je vous embrasse tous fort et à bientôt. Promis je vous réécris bientôt vu que cela va être enfin plus cool jusqu’à l’arrivée de mes parents qui viennent dans quinze jours pour me voir et voir ma vie ici. September 22 Bienvenue au Tchad!!!22 septembre 2007 :
Lalé, voila cela fait déjà quinze jours que je suis en terrain tchadien et je reprends donc mon récit afin de vous raconter mes différentes péripéties que j’ai pu rencontrer pour arriver à Sarh lieu où je vais passer ma seconde année de volontariat.
Bienvenue au Tchad : Après un long voyage en avion (6h + 3h d’attente à Tripoli et deux heures de retard), il y a un contrôleur de l’immigration qui me dit que mon visa long séjour n’est pas valable. J’avais déjà eu ce désagrément lors de mon retour en France où j’avais failli ne pas prendre l’avion. Après moult discussions en essayant qu’ils m’expliquent pourquoi mais impossible d’avoir une explication. En effet, en octobre, il y a eu un changement les visas doivent être faits à N’Djamena et sont d’une durée d’un an au lieu de trois ans. Tandis que moi j’avais un visa fait à Sarh et de trois ans mais il a été fait en septembre et donc vas-y pour l’expliquer aux policiers qu’il est toujours bon. Du coup, j’ai du leur laisser mon passeport car sinon ils me remettaient dans le prochain avion. Le lendemain, le service voyage s’est occupé de la situation en allant à la police afin de clarifier la situation. En fait, ce n’était que pour avoir de l’argent (ce qu’ils ont eu d’ailleurs) car mon visa était tout à fait valide. Mais au moins j’ai pu le récupérer et partir assez rapidement pour Sarh (car sinon il fallait rester à N’Djamena attendre qu’il refasse mon visa).
Par conséquent j’ai pu partir le lendemain. Comme je n’avais pas trouvé d’occasion, j’ai du prendre l’occasion du marché mais je n’étais pas seule car il y avait un frère mariste (frère Blaise) qui cherchait aussi à rejoindre Sarh. Il a trouvé un mini bus qui devaient partir à 10h. Après quelques heures d’attente dans un bar à proximité du parc, nous pouvons rentrer dans le bus pour partir enfin. Mais non pas encore vu qu’il n’est pas encore rempli : il manque deux personnes. Ils ont fini par les trouver et l’on a donc pu partir (devinez à quelle heure ….. à 15h). Ensuite 5min plus tard nous redescendons du bus afin de prendre de l’essence car ils n’arrivaient pas à remplir à cause de notre poids. Après un plein et dernières vérifications, nous voilà donc réellement parti. Nous sortons sans problème de N’Djamena et à la sortie arrêt obligatoire car il y a un contrôle. On a du redescendre et ils ont même voulu qu’on défasse les valises sur le toit. Mais bon finalement, ils ont trouvé quand même quelque chose à l’intérieur du bus : un empli qu’avait ramené le frère Blaise du Cameroun pour les jeunes dont ils s’occupent. Tout était en ordre : il avait la facture, il était passé à la douane… Mais bon, il a fallu beaucoup discuter afin de récupérer l’empli ce qu’ils ont finalement fait. Nous repartons donc. Nous commencions donc le trajet à 17h, ce qui nous prédisait déjà un très long voyage ! 15 km plus loin, un autre contrôle mais cette fois ci c’est un contrôle de pièces d’identité. Manque de bol ! il y en a un qui n’a plus sa carte car on lui a volé. Il avait un papier confirmant le vol mais il venait d’expirer. Après une longue discussion, il a donné de l’argent et l’on a pu partir. Puis il y a eu encore des contrôles mais il n’y a pas eu trop de problèmes : le chauffeur a du juste payer les gendarmes (tous les chauffeurs donnent 500 FCFA à chaque contrôle et il y en a beaucoup !, c’est comme un péage mais cela n’empêche pas qu’ils peuvent encore nous ennuyer afin d’avoir plus). Nous avons donc étaient sur l’autoroute. Eh oui ! il y en a une qui va jusqu’à Moundou. C’est une route goudronnée et afin qu’ils l’entretiennent, il y a des péages en plus des contrôles mais ceux la sont officiels. D’ailleurs devant ces péages, il y a une grande pancarte disant que pour les personnes à pied, en vélo, les ambulances et les corbillards c’est gratuit. Bref, nous arrivons à Bongor (à environ 250 km au sud de N’Djamena) où l’on s’arrête pour manger un bon poulet et des bananes et pour faire le plein. 30 min plus tard nous sommes repartis pour seulement 30 km car il y a eu une panne… En effet, vers 22h nous avons eu une grosse panne. 4 vis sur 5 qui retiennent un pneu se sont carrément cassé de plus un autre pneu a été crevé. Ils ont donc enlevé les pneus du bus et le chauffeur a été amené à Bongor pour réparer ces vis. Nous avons donc passé la nuit dans la brousse. Nous avons dormi comme on a pu : certains dehors en compagnie de nombreux moustiques et d’autres ont dormi dans l’étuve du bus. J’ai opté pour la deuxième solution même si je sortais très régulièrement pour prendre un peu d’air frais. Nous avons donc attendu jusqu’à 14 h le chauffeur (qui nous a expliqué qu’ils ont du refaire les pièces) qui est revenu avec de l’eau et des cacahuètes car nous n’avions plus d’eau du tout et il y avait quand même beaucoup d’enfants de tous âges. Nous avons roulé doucement pendant 100 km pour arriver à Kelo où l’on a mangé et bu. Le chauffeur a fait réparer le pneu qui était crevé. Nous avons pu repartir sous une pluie torrentielle (eh oui ! il ne manquait plus que cela) pour aller jusqu’à Moundou qui est la 2ième ville du Tchad : ville économique. D’ailleurs j’avais eu la chance de la visiter et d’y séjourner une semaine en juillet avec un collègue du LCCL. Entre temps, nous avons eu un barrage où l’on a eu encore des problèmes car le chauffeur n’avait qu’un permis français (en effet le chauffeur a vécu 30 ans en France d’où il a ramené des bus afin d’améliorer comme il dit le transport au tchad. Il passe donc 6 mois en France et six mois au Tchad). Enfin, nous sommes arrivés vers 21h à Moundou où nous avons libéré des gens et fait réviser les pneus. A la sortie même de Moundou, nous avons eu une barrière de pluie. En effet, sur la route il y a environ tous les 20km des barrières de pluie afin de protéger les routes qui ne sont plus goudronnées et donc ils les abaissent quand il pleut et l’on doit attendre que les routes soient sèches pour que le garde nous laisse passer, bien sur cela va plus vite si l’on donne un peu de sous. Nous avons eu de la chance, le garde barrière nous a laissé passer seulement au bout d’une heure (car on aurait très bien pu y passer la nuit !) mais nous nous sommes embourbés dans la boue. Donc les hommes ont du pousser le bus pour nous sortir de ce pétrin. Au bout d’une heure, ils y sont arrivés. Le trajet Moundou-Doba (100 km) promettait d’être assez épique. Je peux vous garantir qu’on roulait à peine à 10km/h comme la route était affreuse et il faisait nuit noire. La route était complètement inondée et il fallait passer dans des flaques sans savoir s’il y avait un trou ou non. De plus, on sentait que le chauffeur n’était vraiment pas dans son élément (eh oui ! ce ne sont pas les autoroutes de France). Moi, j’ai préféré dormir plutôt que de stresser. J’ai bien dormi tellement que je n’ai pas vu qu’on s’était embourbé plusieurs fois et que l’on a attendu derrière des barrières de pluie. Je me suis réveillée lors d’un sauvetage qui a duré une heure et l’on a du tous descendre dans l’eau afin de pouvoir sortir le bus et cela juste à côté d’une barrière. Nous sommes arrivés vers 8h du matin sur Doba où les Tchadiens ont prit leur bouillie et moi des beignets. Nous avons laissé beaucoup de personnes et on en a repris d’autres. Nous sommes repartis 2h après (le chauffeur a fait une petite sieste, je pense qu’il la méritait bien !) et nous sommes arrivés sans trop d’encombres à Koumra vers 13h : lieu où l’on se séparait le bus et moi (snif !). Nous avons été déjeuner dans la communauté des maristes puis nous avons attendu une occasion du marché qui nous emmènerait sur Sarh. Nous sommes partis vers 17h car les cabines étaient toutes prises. Nous sommes arrivés à 21h à Sarh. Médar est venu nous chercher et il m’a conduit dans ma nouvelle villa qui se trouve à côté du collège. Le trajet était enfin terminé et il a duré en tout trois jours et deux nuits pour 850 km. C’était épuisant mais au moins comme on m’a dit : « tu connais un peu mieux la vie tchadienne ». La première chose que j’ai faite ça a été de prendre une bonne douche et de mettre des habits propres de défaire mes valises pour voir dans quel état étaient mes affaires. J’ai été agréablement surprise, il n’y avait que quelques bouquins mouillés et les boites (ouf !) de l’appareil photo et du lecteur DVD (que j’avais ramené pour le centre culturel de Kyabé). Ma nourriture était intacte, heureusement !
Voilà, mon récit est terminé pour aujourd’hui. Je tiens juste à dire que depuis que je suis à Sarh, je n’ai pas eu d’autre problème et que la rentrée se passe tranquillement. Mais cela sera la suite de mes péripéties africaines. A très bientôt et bonne semaine.
July 12 rentrée en francesalut tout le monde je suis rentrée en France hier aprés midi. J'ai passé de trés bonnes vacances au Tchad avant de vous revenir. J'ai pu me baalder un peu mais jessayerais de vous en raconter plus dés que j'aurais un peu le temps.
Bisous et à bientôt.
mon numéro de tel est le 0672029506 June 13 le tchad !!!12 juin 2007 :
Lapia, mbaigne ? Ca y est pour moi c’est enfin les vacances
et j’en profite pour me reposer un peu et sortir presque tous les
soirs mais aujourd’hui je n’ai pas envie de raconter ma vie. Je
préfère vous écrire un texte d’un de mes
élèves de seconde qui l’a écrit pour un
concours et je trouve que cela reflète bien le Tchad : à
vous de constater !
Tchad : Pays d’humiliation et de la désillusion
En 1990, Hissein Habré abandonne précipitamment le fauteuil présidentiel qu’il a conquis lui-même par les armes en chassant Goulkouni. Idriss Déby Itno entre triomphalement à N’Djamena accompagné de l’agent français Paul Fontbonne et déclare qu’il amène au peuple tchadien ni or ni argent mais la paix. Cette paix était plutôt destinée à une infime minorité des tchadiens qui en a franchement abusé avant d’en avoir marre au point d’abandonner tous les privilèges politiques comme économiques au profit de la rébellion. Ceux qui sont autorisés à tuer au Tchad sans être inquiétés sont les mêmes qui ont le droit de fouler aux pieds les lois, la justice et même la constitution sans rendre compte à qui que ce soit, tel est le cas d’un certain chef de brigade mobile appelé Teguen qui était parti dans la pharmacie d’un yéménite pour lui tirer dessus en plein marché avec une arme à feu. Ce dernier est maintenant gouverneur de Ouaddaï une localité située au Nord du Tchad.
Que n’a-t-on pas vu dans ce pays ? Des gendarmes et des politiciens analphabètes dirigent des brigades et des commissariats avec pour subalternes des officiers et des commissaires de formation tel est le cas d’un commissaire qui a dit à un convoqué : « Kàn Gours Dà Dji Bà Ini, Kàn Kàte Kàte Dà Dà Odi Inàk Lé Bakàs secrétaire » en arabe tchadien ce qui signifie : « Si c’est de l’argent, tu m’amènes ici mais si c’est du papier, tu remets au secrétaire ». Un autre cas de ce genre en est aussi chez un chef de brigade qui revenant d’un voyage avait dit à son subalterne : « Kef ça va ? Votres enfants sont bonjours ». Le pire est évidemment à la douane où des inspecteurs de douanes formés dans des grandes écoles traînent désœuvrés à l’aéroport ou à Nguédé attendant l’ordre d’un illettré décrété chef de bureau. Comme le cas d’un chef douanier qui lors de la fouille disait : « Y’a pas de cassés de matériels ? ». Les Tchadiens ont vécu toutes ces humiliations dans leur chair et dans leur âme espérant que tout sur cette terre ne saurait durer éternellement.
De quel côté soufflerait le vent de l’espoir ? Un nom apparaît soudain dans le vocabulaire national : le pétrole. Bientôt chaque tchadien mangera enfin à sa faim, se soignera, enverra ses enfants à l’école et se déplacera sur des routes bien aménagées. Mieux, une loi est même votée pour réserver une partie des revenus de notre pétrole aux petits-fils et arrière-petits-fils. Certains damnés du Tchad disaient tout bas : « enfin les détenteurs du pouvoir veulent essuyer nos larmes et nous faire oublier les humiliations auxquelles ils nous ont soumis tant d’années ». Désillusion. L’argent du pétrole est destiné non pas à sortir le Tchadien de l’extrême pauvreté dans laquelle il croupit des années mais plutôt à construire de somptueuses villas dans les quartiers privilégiés de N’Djamena et à acheter des armes pour barrer le chemin du FUCD (Front uni pour le changement démocratique) et au SCUD. Donc il est temps que ceux qui sont au pouvoir lisent sérieusement les signes du temps car il n’est pas possible de confisquer indéfiniment le pouvoir au mépris des gémissements du peuple, véritable propriétaire du pouvoir. Abraham Lincoln n’a-t-il pas dit que : « nul ne peut tromper tout le peuple tout le temps » et tous les Tchadiens ne sont pas dupes.
Je pense que cela se passe de commentaires. Bonne nuit et à bientôt.
May 29 suite des news tant attendues!!!26 mai 2007 :
Lapia, mbaigne ? Oui, je sais cela fait bien longtemps que je ne vous ai écrit et si en plus je parle Sara vous allez me maudire ! Comme cela fait très longtemps que je n’ai écrit, je vais tous vous racontez et vous comprendrez mieux pourquoi cela fut si long.
Mes vacances : Je m’en étais arrêté juste avant les vacances en vous miroitant plein de choses. Mais la réalité a bien été différente, croyez-moi. Les vacances ont super bien commencées : Durant deux jours non-stop j’ai bu des bières avec des collègues et fait la fête (entre autre à la CST où nous avons pu prendre un bain de minuit, s’il vous plait). Le dimanche matin, j’ai été à la messe de Pâques (qui a duré 3h sous le soleil) et j’ai mangé avec les jésuites et là cela commence à se gâter. En effet, j’ai commencé ma sieste comme d’habitude et je me suis réveillée trois jours plus tard avec seulement quelques réveils pour prendre ma température qui était de 39,6°, pour me rafraîchir en prenant une douche car il a fait très très chaud et vu que le nouveau groupe est foutu, il n’y avait pas de possibilité de mettre les ventilos et surtout pour aller aux toilettes. Résultat des courses, j’ai perdu pas mal de kilos (mais je compte sur vous pour m’engraisser en France : termes exacts de mes parents). Entre temps, il y a eu le partenaire (Frère Pedro) de Jérémy qui est décédé en une nuit et donc nous avons encore assisté à un enterrement (c’est le quatrième depuis que je suis ici et toujours pas de mariage en vue !). Ensuite, il y a eu les coopérants de Goundi et ceux de N’Djamena qui sont venus à la maison par conséquent notre grande villa a servi de squatte et nous y étions dix. C’était très sympa mais j’étais encore très fatiguée et donc je peux dire que je n’étais pas en super forme. Il faut savoir que les vacances n’ont duré finalement que dix jours et non deux semaines et donc je suis retournée au boulot encore beaucoup plus fatiguée et sans mettre avancer dans mes cours (l’année prochaine cela se passera autrement, je vous le dis) et toujours avec mes problèmes digestifs.
Le troisième trimestre : Le troisième trimestre n’a duré qu’un mois. Et donc imaginez-moi en train de corriger non-stop des copies à la bougie ou à la lampe torche. En bref, je n’ai pas arrêté de dormir et corrigé des copies. Mes rares sorties étaient avec des français (Samia, Fred et David : un nouveau qui travaille dans l’hydraulique en tant que stagiaire). De plus j’ai été voir aussi de temps en temps le nouveau petit Tchadien Français qui est né à Goundi dont les parents sont Pascale et David (une suisse et un franco-suisse très sympas qui sont là depuis trois ans et qui repartent malheureusement bientôt). J’ai eu aussi la visite de ma chargée de mission (3-6 mai) et donc pour sa venue j’ai du faire le ménage tout le week-end d’avant. J’ai pris quelqu’un pour m’aider car il y avait vraiment du travail. En effet, j’étais toute seule car Jérémy était en France car il s’est fait rapatrier car à chaque fois qu’il mangeait ou buvait, il rejetait tout. Finalement ce n’était plus de peur que de mal car il allait déjà mieux dans l’avion pour la France et donc il est revenu une semaine après en pleine forme (pour repartir dix jours plus tard pour ses vacances). Bon, reprenons, donc j’ai passé quatre jours avec ma chargée de mission (surtout que nous étions pendant deux jours en grève de solidarité avec les autres fonctionnaires. D’ailleurs la grève dure toujours et l’on ne sait pas si les élèves pourront passer les examens comme prévu) et j’en ai profité pour aller en week-end à Kyabé où j’ai presque dormi tout le temps : Cela m’a fait le plus grand bien de me sortir de mes copies. Sinon, il y a eu la fête de l’enseignant catholique (8 mai) où nous avons été à la messe et avons déjeuné avec tous les profs : c’était très sympa. Ensuite j’ai été prendre un pot avec des collègues (un peu bourrés quand même) et je suis retournée à mes copies comme l’électricité est revenue. En effet, ils ont fini par réparer l’ancien groupe et l’on verra combien de temps cela va durer. Samedi dernier, j’ai accompagné mes élèves de quatrième aux rôniers pour leur sortie de classe. On a fait un bilan de l’année (pas très glorieux : ils m’ont dit qu’ils n’avaient rien compris de l’année et que je criais trop fort) et l’on a fini par danser le zouk. Et attention les petits n’ont pas froid aux yeux et vas-y que je te mets les mains aux fesses ou sur les seins des filles et elles ne bronchent pas. Mais bon il paraît que c’est comme cela qu’on danse le zouk ici ! En tout cas, ce fut une journée bien sympa. Et le soir Fred a fêté son départ pour Doba avec champagne, rosette (il vient de Lyon), méchoui et mousse au chocolat ! J’ai fini de rendre les notes juste à temps mercredi dernier et j’en ai enfin fini avec mes copies au moins jusqu’à l’année prochaine (il ne me tarde pas). Maintenant je me sens en vacances même si l’on continue à avoir cours et que les élèves sont infernaux (c’est impossible de faire cours !) Maintenant je recommence à ressortir : lundi dernier j’ai dîné à Beau séjour avec Samia, Fred et David ; mercredi c’était soirée film (film un peu nul mais cela faisait presque deux mois que je n’avais pas vu un film) pizza chez Pascale, David et Samuel ; jeudi j’ai passé la soirée avec un collègue (j’ai été un peu fatiguée pour les cours du lendemain) ; hier j’ai assisté au spectacle de fin d’année des enfants de la rue (c’était vraiment super et les gamins sont adorables !) ; ce matin j’ai été à la messe célébrée pour les sœurs Notre Dame des apôtres qui fêtent leur 60 ans au Tchad et le centième anniversaire de leur fondateur) et ce soir je suis invitée chez elles ; demain je vais prendre un pot avec un collègue et je pense que la semaine sera assez chargée, elle aussi entre la fête de fin d’année, la semaine culturelle et les différentes occasions.
Voilà, je pense que je vous ai raconté toute ma vie trépidante de Sahroise et je vous réécrirai d’ici mon retour en France qui est très vite. Eh oui, j’ai hâte d’être le 11 juillet pour enfin revoir des routes goudronnées, des magasins, la famille et les amis… A très bientôt et bonne semaine.
PS : j’ai essayé plusieurs fois de mettre mes photos mais il faut maintenant télécharger java script et cela ne marche pas avec les ordi du SAVE si quelqu’un sait faire qu’il me le dise car j’ai plein de photos à mettre. March 31 nouvelles du moment!!!31 mars 2007 : Lalé, j’espère que vous allez tous bien. Pour moi, ça ira. Je profite de mon long week-end pour prendre du temps avec vous. Mon week-end : En effet, nous avons eu le vendredi de férié car c’était l’anniversaire de Mohamed et comme toujours nous l’avons su le matin même et donc j’ai du quand même me réveiller aux aurores. Je ne comprends pas car un anniversaire ne dépend pas de la lune mais du jour ! Enfin, cela étant, cela m’a permis de me reposer, de ranger ma chambre et ma maison, de faire un gâteau au chocolat, de corriger des copies et d’aller faire un tour au marché pour aller voir le couturier car j’avais fait faire une robe qui malheureusement est beaucoup trop petite (je n’arrive presque pas à l’enfiler et encore moins à la fermer) mais bon il a dit que le problème pourrait se résoudre on verra bien. Sinon, c’est le premier week-end que je me retrouve toute seule dans ma grande villa. En effet Jérémy est parti quelques jours sur Goundi et Thierry, lui a déménagé : Il y a peu près un mois, Thierry a démissionné de son poste au SAVE car on ne lui laissait pas la possibilité de faire grand chose et de plus il n’était pas en accord avec la politique financière du directeur (toujours des problèmes de gros sous). Donc cela fait un mois qu’il est en vacances et comme il ne se sentait plus bien dans les locaux du diocèse, il a emménagé jeudi dernier chez Samia pour être plus libre. Par conséquent, on ne le voit plus beaucoup mais de toute manière il faut s’habituer au fait qu’il ne soit plus là bientôt car il part pour Douala faire un stage à l’IST pour les aider en informatique en attendant un autre poste de la DCC pour l’an prochain. C’est vraiment dommage car je pense qu’on s’entendait bien (même si colocation oblige il y avait de temps en temps des petites tensions) et la vie d’ici lui plaisait bien mais il a de la chance car il va pouvoir voir trois pays différents (il faut voir le bon côté des choses !). Dans tous les cas je lui souhaite que cela se passe mieux qu’ici et qu’il puisse s’épanouir pleinement au Cameroun et dans l’autre pays où il va aller car je suis certaine que cela sera bien différent. Aujourd’hui, samedi, il y a eu la journée détente du collège. Elle n’a débuté qu’à 10h30 (au lieu de 8h) car les élèves ont fait la grève, ils sont tous arrivés en tenue de ville alors qu’ils devaient venir en uniforme. Ils sont donc rentrés chez eux pour se changer. La fête ressemblait beaucoup à la première : chants, danses, danses traditionnelles, théâtre… C’était encore très sympa et cela m’a bien détendue. Malheureusement, je n’ai pas pu prendre de photos car j’ai prêté mon appareil à Médar qui est parti pour une réunion à Lomé (au Gabon je crois). Normalement il devait rentrer le 4 avril avant mon départ en vacances mais finalement il revient que le 9 ce qui est plutôt embêtant si je décide de bouger pour les vacances. Mes vacances : La dernière fois je vous avais parlé de mon projet de Zakouma. Finalement, j’ai trouvé du monde qui veulent y aller aussi : les coopérants de Goundi mais on ne pourra pas y aller car ce n’est pas trop conseillé finalement. En effet, il y a plusieurs semaines de cela, les gardes de Zakouma ont été tués par les rebelles et il y une semaine, il y a eut un commerçant sur le chemin qui lui a été égorgé. Il vaut mieux donc qu’on parte ailleurs et c’est encore en pourparlers. Ce sera la surprise ! Mais avant de penser aux vacances, il faut quand même que je corrige mes copies car eh oui le rythme infernal a recommencé. Les militaires à Sarh : Depuis maintenant deux semaines qu’il y a des militaires à Sarh et comme l’autre fois ils repartent la semaine prochaine. On ne sait pas trop ce qu’ils font ici. Ils disent que Déby veut qu’il y ait des militaires à Sarh et comme ils n’y a pas assez de militaires au Tchad, ils ne peuvent venir s’installer ici et qu’ils passent donc tous les quatre mois pour faire illusion. Maintenant est ce vrai nul ne le sait ! En tout cas cela m’a permis de voir un hélicoptère atterrir à l’école et y décoller : c’était assez sympa mais avec beaucoup de poussière. De plus mardi dernier ils ont joué contre les élèves du LCCL et ils ont été battus deux contre trois : la honte ! Nous avons eu la visite vendredi dernier du consul pour nous faire signer nos procurations pour les élections présidentielles. C’était très sympa car les Français de Sarh et des environs (entre autre les coopérants de Goundi qui sont resté tout le week-end) nous nous sommes tous retrouvés ensemble chez Samia pour signer les papiers. Réponses aux questions : Plusieurs personnes ont cherché partout les photos de mes tenues : ne cherchez plus car elles ont toujours dans mon appareil qui est au Gabon mais je vous promets de les mettre le plus rapidement possible. On me demande aussi de dire combien de temps met un colis pour me parvenir. Je vois que vous aimez les questions pièges car cela est très variable. En effet pour l’instant je n’ai reçu des colis par l’aumônerie militaire et cela est arrivés au minimum au bout de quinze jours et le maximum c’était un mois- un mois et demi. Sinon, je sais qu’une amie m’a envoyé un colis par la poste traditionnelle il y a de cela un mois et demi et il n’est toujours pas arrivé mais je ne désespère pas. Autre question : Parlez-vous des élections en France ? Oui, les Tchadiens sont très au courant de la politique française (bien plus que certains d’entre nous). En effet, ils disent que cela les touchent personnellement car c’est Jacques Chirac et la France qui font leur politique. En tout cas, comme en France, il y en a pour Sarkosy et d’autres Ségolène : le débat n’en fini pas et est souvent assez houleux. Mais c’était surtout avec Thierry qu’on en a discuté car il voulait me convertir pour Sarko. Moi, j’attends de voir les programmes de chacun pour pouvoir choisir mais en tout cas cette campagne est assez décevante (pour changer). Mais le fait d’être ici je suis plus renseignée et plus intéressée que si j’étais en France : cela est indéniable. Alors si les différents programmes tombent, vous pourriez me les envoyer par mail. Voilà les dernières nouvelles du moment qui ne sont pas des moindres. On est ensemble. Bon courage pour la semaine de travail ou bon repos pour ceux qui commencent leurs vacances et à bientôt.
March 19 fin du deuxième trimestre!!!18 mars 2007 :
Lalé tout le monde, j’espère que vous allez tous bien. Pour moi, ça ira. Eh oui ! Il a beau faire 40°, je me suis prise un rhume pourtant on n’allume presque jamais les ventilateurs. Mais je pense que c’est du à l’aménagement que j’ai fait le week-end dernier de ma chambre. En effet comme j’avais du mal à dormir à cause de la chaleur, j’ai changé de place mon lit pour le mettre sous la fenêtre et mon bureau je l’ai mit à la place de mon lit. Cela me permettait de travailler l’après midi et de dormir le soir. Cela fonctionne plutôt bien vu que je me suis enrhumée.
Mon nouveau rythme : A cause de la chaleur, je dois changer de rythme. En effet, je n’arrive plus à travailler l’après midi. Par conséquent, je dors toutes les après midi (sieste traditionnelle) environ une à deux heures et comme cela je me couche plus tard (23h-24h). Eh ! Oui il faut bien que je travaille. Le matin, je ne vous dis pas dans quel état mais je pense que cela vient du fait de l’accumulation de la fatigue du trimestre qui a été plutôt surchargé et nous, nous n’avons pas eu de vacances depuis Noël. Mais bon, le trimestre est enfin terminé, les conseils sont cette semaine et j’en ai fini avec les copies depuis vendredi dernier.
Bilan de fin de trimestre : Je commence tout d’abord par mes quatrièmes. Rappelez-vous au 1er trimestre ils avaient eu : 6,49 dont la médiane 6,33 (la moitié des élèves ont eu en dessous ou au-dessus de 6,33). Ce trimestre : la moyenne est de 7,52 et la médiane est de 6,92. Donc ce n’est pas encore ça mais cela augment petit à petit (à la vitesse tchadienne). Pour mes seconde S, ils m’ont beaucoup déçue je fondais beaucoup d’espoir sur eux, mais bon. Ils sont passés de 9,22 à 9,68 sachant qu’ils ont perdu celui qui avait 1 de moyenne (en effet il est passé en 2nde U) autant dire qu’ils n’ont pas évolué du tout. Par contre, il y en a qui se sont réveillés mais pour la plupart ils se sont reposés sachant qu’ils avaient la moyenne. Je suis plus dure avec eux et j’espère que cela changera. La palme d’or est décernée à ma 2nde U mais cette fois ci dans le bon sens. En effet, rappelez-vous : Ils avaient 5,96 (la médiane était de 5,67) et ils sont passés à 7,89 dont la médiane est de 8,17. Pas mal, non ? Oui, ils ont plus travaillé ce trimestre mais par contre je crains pour le troisième trimestre car ils recommencent à refaire leurs bêtises du 1er trimestre. On verra bien, en tout cas je ne vais pas les lâcher. Voilà, l’évolution de mes élèves
Sinon, je vous disais le 4 février que j’étais en retard par rapport aux autres profs et que je ne comprenais pas comment ils faisaient : ils avancent super rapidement et les élèves ont de meilleures notes que les miens. Nous avons échangé des copies avec un autre professeur qui me disaient qu’il avait souvent des bonnes notes et là cela m’a rassuré car j’ai remarqué que ses élèves avaient autant de problèmes que les miens et quand le professeur dit qu’il y a dix de moyenne c’est qu’en fait il y a dix élèves qui ont eu la moyenne!
Je m’accorde donc encore une semaine sans copie mais par contre comme le troisième trimestre est très court, je dois quand même redonner des copies dès la semaine prochaine.
Le week-end détente : Le week-end dernier je me suis accordée deux jours de repos complets. J’ai commencé par ranger ma chambre et la maison car elle en avait vraiment besoin (pour changer). Ensuite j’ai été cherché mes mails et je suis allée faire ma petite promenade traditionnelle au marché où j’ai acheté un beau tissu (pour me faire une belle robe pour les mariages de cet été) et quelques tomates pour accompagner mes rillettes (non, on n’en trouve pas ici mais mes parents m’en ont envoyé. Vous me direz que c’est le carême mais bon j’ai besoin aussi de me faire de temps en temps un petit plaisir et puis c’était pour fêter la fin de trimestre). Ensuite, j’ai réaménagé ma chambre comme je vous le racontais. Et j’ai mangé avec en dessert sorbet (ou glaçon comme on veut) à la papaye, puis petite sieste et lecture. Un collègue est venu vers 17h30 pour discuter un peu et l’on a été ensuite en boîte. Eh ! Oui il y a une boîte à Sarh ou plutôt un bar dansant qui s’appelle l’étoile (souvent j’entends la musique de ma chambre pendant la nuit). C’est un bar très sympa où l’on peut prendre une petite bière tout en profitant de l’air frais du soir et de la musique bien africaine (surtout d’après ce que j’ai compris ivoirienne). Des amis nous ont rejoint et après moult discussions nous sommes rentrés en moto vers 1h30. Le lendemain, j’ai lessivé ma bière devant la série Grey’s anatomy. J’ai été quand même déjeuné avec les jésuites et j’ai fait ma sieste, puis lecture et dodo tôt.
Les vacances de Pâques : J’avais l’intention d’aller au parc de Zakouma qui est le parc animalier du Tchad. Il se trouve un peu au nord de Sarh et je crois qu’il y a plein d’animaux surtout en ce moment on les voit bien puisqu’il n’y a plus d’herbe et peu d’eau. Mais malheureusement je crois que c’est mort comme je n’ai trouvé personne pour m’accompagner, que je n’ai pas de voiture (et la location de voiture coûte très très cher) et qu’il n’y a pas d’occasion du marché pour y aller. Tant pis, j’espère que je serais plus efficace l’an prochain. Donc, je ne sais pas encore ce que je vais faire ? On verra le moment venu.
On est ensemble (expression qui vient du Cameroun pour dire en revoir). Bon courage pour la semaine de travail et à bientôt. Samedi prochain, c’est la journée détente au collège et j’aurais donc tout plein de photos à mettre.
March 03 petites news!!!03 mars 2007 : Lalé tout le monde, j’espère que vous allez tous bien. Pour moi, ça va encore. Voilà un mois que je n’ai donné des nouvelles mais je n’avais rien à raconter et comme personne ne me donne des idées (non, je ne vous en veux pas), je n’ai pas pris le temps. Comme toujours copies et peu de sorties mais j’en viens à bout : il me reste que deux paquets de copies et après je m’accorde quinze jours sans copies quoi qu’il se passe. Moi et le Tchad : Je commence à être une véritable Tchadienne : pieds sales, claquettes (non-stop), tenues de plus en plus africaines (j’ai fait deux tenues : cf photos attention les yeux). La première le haut est un peu raté (non ?) mais la deuxième est plutôt sympa. Je vais bientôt racheter du tissu pour en faire une troisième car cet été mariage oblige. Je n’ose pas encore mettre en même temps la tenue en entière mais je mets soit le haut soit le bas. Par contre, malgré la chaleur qui s’est vraiment installée (même la nuit j’ai du mal à m’endormir), je reste toute blanche (j’ai juste un peu de hale sur mes pieds mais je ne sais pas trop si c’est la crasse ou non !. Non, ne vous dites pas que je ne me lave pas, je prends dix douches par jour en ce moment mais la saleté ça s’incruste plus que vous n’imaginez). Les autres arrivent à bronzer mais moi je pense que ma peau ne réagit pas au soleil du Tchad. Visites à Sarh : J’ai quand même été enfin voir le musée de Sarh. La visite commentée a duré quinze minutes mais c’était quand même intéressant. Il y avait différents instruments traditionnels, des vieux bijoux, des tenues de guerre… Sinon, un dimanche, nous avons été visités l’usine de la CST. On a pu voir la fabrication entière du sucre et on a eu le droit d’avoir du sucre roux à la fin. De plus j’ai été une fois me baladée sur le bord du Chari (pour me calmer un peu car mes copies catastrophiques me mettaient hors de moi) cela m’a beaucoup apaisée et j’ai pu quand même passer un bon week-end. Pour les vacances de Pâques (le 6 avril eh! oui, c’est encore dans longtemps) j’essaye d’organiser une visite au parc de Zakouma. Cela avance mais j’en serais plus dans peu de temps. Les prix au Tchad : Je trouve que la vie au Tchad est extrêmement chère. En effet, sachant que le salaire minimal est de 30 000 FCFA (300 FF) je me demande comment les gens font. La plupart des choses sont aussi chères si ce n’est plus cher qu’en France : téléphone (150 FCFA la minute), coca (1500 FCFA la grosse bouteille), essence (cela peut passer du jour au lendemain de 650 FCFA à 1300 FCFA. En effet il n’y a pas de limitation des prix ici il suffit que les commerçants s’entendent et montent tous les prix !)… Cela vient du fait essentiellement que tout est importer et comme il n’y a pas de routes le prix du transport et très cher. Mais il y a des contradictions dans ce que je vous dis car par exemple pour le sucre, alors qu’il y a une usine (la seule de Sarh) qui fabrique le sucre et pourtant il coûte très cher et fluctue aussi beaucoup. Cela vient du fait que la CST vend qu’à une personne la totalité de la production pour Sarh à une personne et donc il choisit son prix. Vous me direz pourquoi ils font cela tout simplement s’ils ne le font pas, ils risquent d’avoir de sacrés ennuis avec le gouvernement. De plus, ce sont les musulmans qui ont le monopole des ventes. C’est eux qui fixent les prix (d’une boutique à l’autre les prix changent tout comme les prix varient selon la tête du client alors imaginez une blanche je suis obligée de diviser au moins par deux ! à part quand même pour certaines choses). Je m’arrête là pour aujourd’hui et j’essaye de le mettre tout de suite avec des photos en plus. Et après je vais au marché pour acheter de quoi manger, des chaussures et peut être du tissu. Bonnes vacances à tous et à très vite. February 05 presque cinq mois !!!04 février 2007 : Lalé (bonjour en Sara) tout le monde, j’espère que vous allez tous bien. Pour moi, ça va encore (ici c’est ce qu’on dit pour dire que ça va et pour dire que ce n'est pas top : On dit ça ira). Cela fait trois semaines que je n’ai pas pris le temps de vous écrire non que je vous oublie mais la vie va si vite ici (déjà cinq mois que je suis loin de la France) et le boulot est toujours aussi prenant. Mes états d’âme avec mes élèves : En effet depuis le retour des vacances, les élèves viennent presque tous les jours l’après midi pour que je leur explique plusieurs points du cours qu’ils n’ont pas compris. Me direz vous que cela prouve qu’ils se réveillent enfin, mais bon je n’ai donc plus trop le temps de préparer mes cours et de corriger ces foutues copies (car j’en ai toujours autant). De plus hier, j’ai travaillé toute la matinée avec ma quatrième car je suis en retard par rapport aux autres profs. Je ne comprends pas comment ils font : ils avancent super rapidement et les élèves ont de meilleures notes que les miens. En tout cas mes élèves n’apprennent toujours pas leurs cours malgré les colles, les cours recopiés 10x, les interros de cours répétées… Je ne sais vraiment pas quoi faire : s’il y en a qui ont des idées n’hésitez pas (SOS enseignante en détresse). Mais il y a quand même une petite progression car ils passent de 5-6 de moyenne au 1er trimestre à 7-8. Mais ce n’est pas encore suffisant car ils font des fautes graves comme 10000=103 alors qu’il suffit de compter le nombre de zéros, 9x10=0,9… et encore c’est pire en géométrie, ils ne savent pas tracer deux droites perpendiculaires, ils devaient apprendre que l’image par une symétrie d’une droite est une droite, d’un segment est un segment de même longueur, d’un cercle est un cercle de même rayon, d’un triangle est un triangle de même nature et bien non l’image d’un triangle cela donne centrale, une droite cela donne une droite de même mesure… Par contre avec mes seconde U cela va mieux (la plupart du temps, pas tout le temps sinon cela ne serait plus drôle). Depuis les vacances, ils voulaient que je fasse un nouveau plan de classe ce que j’ai fait deux fois (car j’avais perdu mon premier plan) et bien non ils ne sont pas contents : il y a une élève qui pour elle est trop loin du tableau alors qu’elle est au deuxième rang ! Il y en a deux qui étaient amis et donc je les avais mis ensemble pour que l’un aide l’autre mais dommage ils sont en froid en ce moment, il y en a qui m’a dit qu’il était à côté de son frère et qu’il le voyait suffisamment mais bon je ne sais pas ce qu’il veut dire si c’est vraiment son frère ou si c’est un copain ? Oui, ici tout le monde est frère. Par exemple, moi dans la rue on m’appelle ma sœur cela vient sûrement de ma couleur blanche et comme la plupart des blancs ici sont des pères ou des sœurs ils pensent à tort (bien sûr) que je suis une religieuse. Avec cette classe, il y a aussi une petite amélioration et je sens qu’ils bossent un tout peu plus. Maintenant on verra si cela continue. Comme vous pouvez le voir, le boulot me prend beaucoup de temps mais au moins je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Mes moments de détente : Je continue toujours à faire à 6h du matin mon petit sudoku, sinon je regarde en moyenne un film par semaine et je lis tous les soirs au moins une demi-heure avant de m’endormir. Je viens de finir deux livres sur le père Arsène (prêtés par Mg Vandamme) qui sont des livres très beaux et très émouvants (je vous les conseille), sinon je viens de lire la ballade d’Iza un livre sur la vieillesse très beau et bien écrit aussi. En ce moment, je suis sur la firme de Grisham (dont le film est un culte pour moi). Je vous avais dit que j’irais à la chorale ou au volley : mais je n’ai été qu’une fois à la chorale. Mais, j’ai souvent les élèves qui viennent à cette heure là et donc je ne peux pas à chaque fois. Les garçons eux commencent à voyager Thierry a été deux fois à Maro chez Mentor voir le camps de réfugiés, sinon il est déjà allé à N’djamena une fois et il y retourne bientôt, tandis que Jeremy lui a été à Koumra pour le boulot et sera amené à bouger un peu plus. Et moi je ne peux pas bouger ! Sinon, le rythme d’après les vacances s’est bien calmé même si l’on sort quand même de temps en temps. Dimanche dernier, nous avons été chez des expat de la CST et l’on a visité l’usine qui fabrique le sucre. Hier, nous avons été dînés chez un expat qui fabrique des routes pour ESSO où l’on a eu le droit à un méchoui dont la farce était du couscous (délicieux !). En parlant de nourriture, je me suis aperçue que je ne vous ai presque rien raconté sur ce point là. Le Tchad et la nourriture : Avant de vous faire une carte des plats que l’on trouve ici, je vais vous raconter comment je m’organise. Depuis début novembre, j’ai abandonné avec regret les jésuites pour aller manger au centre d’accueil. Je mange le plus souvent là bas mais de temps en temps je me fais à manger ou je mange les petites gâteries que l’on m’envoie. Sinon, le jeudi soir on mange tous les trois à l’évêché et moi le dimanche midi et soir je mange avec les jésuites. Je ne sais pas encore combien les repas vont me coûter au centre mais cela risque d’être plus cher que si l’on avait pris quelqu’un mais comme disent les garçons c’est plus simple. Les plats typiques du Tchad sont la boule (de mais, de mil, de manioc) avec la sauce longue ou autre sauce, on les mange avec les mains bien sûr. J’en ais pris que deux fois (le 1er jour et le lendemain de Noël) et ce n’est pas trop à mon goût. C’est comme la bouillie, c’est une sorte de soupe blanche avec des morceaux de mil, on peut la prendre en dessert ou en entrée, c’est au choix. Donc voilà ce que mangent la plupart des Tchadiens matin midi et soir. Nous, on mange plus conventionnellement généralement on a des pâtes, du riz, de temps en temps des frites et des haricots. Comme viande, on a généralement du cabri, du poulet, du bœuf accompagnée toujours d’une sauce mais nous ne mangeons pas du tout du porc (eh oui, on est quand même dans un pays musulman !). Les Tchadiens aiment les os quand je leur ai dit une fois que nous on mange des steaks pas trop cuits et sans os, ils m’ont traitée de cannibale. Si vous venez me voir, vous aurez le droit à la part de l’étranger c’est à dire le gésier du poulet. Sinon, on a de temps en temps du poisson (c’est de la nourriture de riche). En moyenne c’est une fois par semaine. Par contre, tous les jeudis soirs à l’évêché ,on a le droit (pour mon plus grand plaisir !) à la soupe de poisson avec des têtes entières qu’il faut bien sûr manger car c’est bien connu c’est le meilleur et après on a encore du poisson avec des frites ou des pâtes. En matière de dessert, on a très souvent des fruits par période : septembre-octobre c’était les goyaves (délicieux), novembre-janvier c’est papaye (assez bon avec du citron) ou pamplemousse et on commence tout juste à avoir des mangues(pour l’instant c’est moyen) mais il paraît que dans deux mois cela sera avec profusion. Sinon, on a régulièrement des petites bananes (il y en a des très bonnes et d’autres un peu rappeuses). Sinon, tous les dimanches midi nous avons le droit à un gâteau avec une salade de fruits ou une crème et si une fois on a eu de la compote de pomme. Point de vue boisson, il y a bien évidemment du coca africain (eh non, il n’y a pas de coca light, du top (orange, cocktail, pamplemousse… boisson très sucrée), il y a aussi du jus de pomme, orange, raisin, mangue… en poudre (celle que je préfère c’est à la pomme). Point de vue alcool il y a de la bière (je crois que j’en ai déjà parlé avant), sinon très rarement (une fois tous les deux mois) nous avons le droit a du vin (plus ou moins bon) : du vin de France mais nous avons aussi de temps en temps du vin de karité ou d’hibiscus (ça se laisse boire). Sinon, ici on trouve point de vue alcool fort : whisky, pastis et je sais qu’on peut trouver du martini mais je ne sais pas encore où : il faut que je me renseigne. De plus, nous avons le droit à de la Grappa italienne lorsque l’on va chez le frère Alberto : c’est le meilleur des médicaments car par exemple pour mon mal de dents j’en ai pris un peu et cela m’a anesthésié pour un petit moment. Les Tchadiens ont grand appétit, il mange beaucoup : une fois j’ai osé le dire et l’on m’a dit que cela ne se disait pas car pour eux manger c’est la survie tandis que eux ils disent que je goûte seulement ou que garde la ligne. En tout cas, malheureusement je n’ai pas encore minci (heureusement j’ai quand même perdu la plus grande partie des kilos pris avant mon départ) et je pèse même plus que l’an dernier mais je garde espoir avec la saison chaude ! Voilà je dois vous quitter pour pouvoir dormir un peu car demain levé 6h du matin et c’est reparti pour une semaine de boulot. Je vous souhaite une bonne semaine et à très vite. PS : n’hésitez pas à me poser des questions si vous voulez savoir sur certaines choses car je commence à perdre mon inspiration. January 17 semaine de rentrée14 janvier 2007 : Bonjour tout le monde, j’espère que vous allez tous bien et que vous avez repris le travail courageusement (pour ceux qui ont eut des vacances). Pour moi, la rentrée a été assez difficile mais bon il faut reprendre le rythme petit à petit de plus nous n’avons pas arrêté cette semaine. Semaine de rentrée : Comme je vous le disais la semaine dernière, vendredi dernier nous avons été dîner chez Samia où il y avait aussi le capitaine des militaires (cf. plus tard) mais aussi un expat Fred. Samedi soir, nous avons été dîné chez Pascale et David qui sont des coopérants suisse (Pascale travaille dans l’agronomie et attend un heureux événement pour avril et lui s’occupe d’informatique). Pascale fait elle-même du fromage et du beurre : elle va nous apprendre à en faire. Le dimanche nous avons été mangé dans un boui-boui un poulet puis nous avons regardé sur grand écran et à la belle étoile Star Wars n°1. Le lundi a été ponctué bien sûr de la rentrée mais aussi par mon anniversaire et donc j’ai passé toute l’après midi pour préparer un bon petit dîner. Il y avait les garçons, Samia, Médar et Thomas. Finalement les gens de Mentor ne sont pas venus (manque de moyen de locomotion). Pour l’apéro, il y avait des cacahuètes (sucré et salé), du saucisson (importé bien sûr merci papa et maman) et une petite (il y en avait deux mais la deuxième à cramer car tout le monde est arrivé avec plus d’une heure de retard ) pizza (faite par mes blanches mains) : elle n’était pas mauvaise mais il manque encore un peu d’entraînement. Ensuite les garçons ont fait des frites et pour accompagner j’ai fait des steaks et pour le dessert gâteaux à la banane. Ici, pour le moindre petit repas, on doit passer toute l’après midi rien que pour préparer car le matériel n’est pas terrible (on a qu’un plat pour four et le four est tout petit). De plus, pour la viande il faut enlever le gras et la couper (eh non, ce n’est pas sous cellophane tout préparé)… Mais bon c’est quand même très sympa de faire la cuisine et je me découvre des talents cachés ! Ensuite nous avons regardé une bouteille à la mer toujours sous les étoiles mais avec un froid de canard. Le mardi, j’étais très fatiguée mais j’ai réussi à faire cours et le soir nous avons été dîner à la résidence des Jésuites où il y avait Mg Vandamme, Alberto, Luiggi et Lucciano. Après tous ces repas, le mercredi matin j’ai du sécher les cours pour les passer aux toilettes : Eh oui ! J’ai eu ma première vraie diarrhée. Du coup toute la journée je l’ai passé au lit alors que nous étions invité le midi chez Maggy (docteur à Békamba, cf. : 8 octobre 06) qui avait fait des tomates farcies (dommage !). Le jeudi soir comme tous les jeudi nous avons été à l’évêché. Le vendredi, les gens de Mentor sont arrivés avec du fromage et du pain de campagne (importé de France) que nous avons dégusté savoureusement. Hier (samedi), toute la matinée j’ai eu une réunion (9h-13h30) au lycée d’évaluation du premier trimestre : c’était assez sympa. Nous avons pu parler des problèmes des toilettes des profs (sales, manque de clés (perdues par les profs), manque de PQ…). Solution trouvée donner des cours aux profs : comment se servir de la chasse d’eau, ne pas se mettre debout sur le siège… et d’autres problèmes hautement plus importants… Dès mon retour, je me suis attelée à la cuisine car j’avais invité Mg Vandamme, Luiggi, Alberto (jésuites français et Italiens) et Lucciano (frère de Luiggi) a mangé. A l’apéro, il y a eu du saucisson et des chips faites par Thierry (c’est le spécialiste des pommes de terre : il vient de Lille cela explique). Ensuite de la soupe aux légumes (importée de France : merci papa et maman), un tian aux tomates, aubergines, poivrons, oignons et viande et comme cela a rétréci de trois quart on an fait des pâtes (c’était beaucoup trop risqué pour faire cela avec des italiens, on ne voulait tellement pas se louper qu’on l’a fait en beauté elles : elles étaient complètement collées). Du coup même les Italiens les ont coupées avec le couteau malgré que cela soit pour eux un crime punissable de prison. Heureusement que je n’ai pas raté mon gâteau (toujours à la banane) et j’avais fait aussi des crêpes avec au choix : miel de Jeremy et chocolat (merci Gillone et Zaza) et des papillotes au chocolat (re-merci Gillone et Zaza). Aujourd’hui cela a été plus soft et plus habituel (même si j’ai réussi à faire une grande grasse matinée (réveillée à 9h : vrai miracle)) : matin correction de copies (eh oui il faut quand même que je travaille un peu), déjeuner avec les jésuites, re correction de copies, karaté avec Médar puis bien sûr ce moment avec vous. Comme vous le voyez, je n’arrête pas et je sors beaucoup (eh oui ! Je deviens un peu plus sociable) mais le physique se fatigue un peu (eh oui ! Je suis vieille maintenant). Des Français à Sarh : Cette semaine comme je vous l’avais dit, il y a eu une cinquantaine de militaires français avec armes, uniformes… Cela a fait parler tout Sarh : certains étaient plutôt contents (il y avait devant leur villa jour et nuit toujours pleins d’enfants ou des femmes avec des stands), d’autres moins (on n’aime pas les militaires français), d’autres plus inquiets (ils ne se déplacent pas pour rien car cela coûte cher, l’année dernière, ils étaient venus et tout de suite après il y a eu des problèmes). D’après ce qu’on nous a dit, ils sont venus pour faire juste une prise de contact avec les Européens du coin et pour faire une reconnaissance au cas ou. Sinon, il paraîtrait qu’ils songent peut-être à implanter une base ici à Sarh. Donc le point de ralliement s’il y a un problème est tout simplement au centre d’accueil c’est à dire on n’aura pas à bouger. En effet, il y a de la place pour tout le monde et pour les véhicules mais aussi il y a un puits et un groupe électrogène et gasoil. Par contre, s’il y a rapatriement, il n’y aura pas d’hélicoptère. Moi qui voulais en profiter pour faire mon baptême. Ce ne sera qu’en avion et donc cela sera beaucoup moins original. On nous a menti à la DCC, je vais me plaindre. Voilà, j’espère avoir le temps de le mettre demain après midi. Gros bisous à tout le monde. Bon courage pour la semaine de travail et à bientôt. January 06 vacances de Noël !!!5 janvier 2007 :
Tout d’abord avant de commencer mon récit habituel je tenais à vous souhaiter une bonne année et vous souhaite d’obtenir tout ce que vous désirez (dans la mesure du possible bien entendu). Moi je viens de rentrer de mes vacances de Noël qui ont été très mouvementées (finalement !)
Noël à Kyabé : Eh oui, j’ai bien été à Kyabé pour le 24-25 décembre mais cela n’a pas été aussi facile. En effet, pour nous y rendre, nous (Médar : père spirituel jésuite du CCL et moi) avons pris l’occasion du marché. Arrivée à 6h45 le dimanche 24 à la gare routière pour un départ prévu à 7h. Médar nous avait réservé une bonne place à l’intérieur de la cabine. Vers 7h30, on nous dit que comme il y a eut des rafles la veille (eh oui les militaires ont pris les voitures et motos pour avoir de l’argent pour les fêtes et ils ont inventé toutes sortes de choses pour que les gens payent…), il n’y a pas de voiture mais qu’ils essayent d’en trouver une autre. Vers 9h une voiture arrive et après quelques vérifications mécaniques (changer quelques pièces de la voiture…) Nous partîmes vers 10h. Nous avions effectivement deux places dans la cabine à côté du chauffeur. Médar étant grand prenez toute la place et moi j’étais entre lui et les changements de vitesses. Donc après trois heures de routes et une crampe qui a duré pendant presque deux heures nous sommes arrivés à Kyabé chez les jésuites. Nous avons pu déjeuner et faire un petit somme pour nous reposer du voyage. Ensuite nous avons aidé Harris (le jésuite qui nous a invité) à faire des gâteaux pour la fête le soir. Ensuite nous avons été à la messe de 18h. Elle était célébrée par un prêtre polonais qui est sur N’Djamena pour enseigner au séminaire. Nous avons eu le droit à la messe en trois langues différentes (Français et deux sortes de Sara (langue du sud du Tchad)). De plus les enfants ont fait un mime de l’évangile (c’était vraiment super et très mignon). La messe a duré deux heures trente avec des chants en Sara et donc nous n’avons pas eu la chance d’avoir « il est né le divin enfant », « les anges dans nos campagnes »… Mais c’était quand même une messe très belle. Puis nous avons mangé avec tous les prêtres et séminaristes. Vers 22h, nous avons été à la fête qu’a organisé Harris avec les jeunes de Kyabé où nous avons droit à des danses et des chants. Comme il faisait très froid (eh oui ici aussi !) J’ai été me coucher vers 24h. Le lendemain, nous avons été à la messe, elle n’a duré cette fois ci que deux heures puis nous avons mangé (nous avons eu le droit à des fruits secs Espagnol…). Ensuite nous avons visité un peu Kyabé qui était une ville en fête comme le président devait venir le 29 décembre pour fêter sa 16ième année au pouvoir. Du coup les rues étaient avec pleins de drapeaux tchadiens et les arbres mi-peints en blanc (il paraît que c’est plus joli). Après une petite marche à pieds, nous avons été dans un village (un centre de formation agricole où il y a une dizaine de couples et 80 enfants). Nous avons eu le droit à la messe mais cette fois ci tout en Sara dans une petite chapelle remplie d’enfants. Nous avons mangé avec eux la boule et le cabri (heureusement que je n’avais pas très faim !). Le lendemain, nous sommes partis pour retourner à Sarh.
Quelques jours à Sarh : Le mardi après-midi, j’ai dormi pour me reposer un peu car j’étais très fatiguée. Le mercredi matin, je me suis mise à travailler car j’avais plein de boulot (4 paquets de copies + tous les cours à préparer). J’étais très bien partie jusqu’à l’arrivée des coopérants de Goundi qui sont arrivés. Ils sont arrivés en force : Yvan et Béatrice qui sont prof à Goundi avec les parents de Béatrice et sa sœur, Lucille une infirmière et Sandrine et François (deux profs aussi). Donc nous avons discuté tout l’après midi et nous avons fait une petite ballade dans Sarh. Le soir nous sommes aller manger au restau de l’aéroport (même commande que la dernière fois). Au retour, j’ai commencé à avoir mal aux dents mais dès que je me suis allongée, j’ai souffert le martyre. Par conséquent, je suis restée toute la nuit debout car je souffrais trop. Dès 7h j’ai été voir Alberto pour qu’il me donne des médicaments pour calmer ma rage de dents. Les médicaments ont fini par agir et j’ai donc pu dormir toute la journée. J’ai donc décidé de partir à Goundi avec les coopérants qui partaient le samedi : Goundi étant l’hôpital réputé du Tchad et où il y a un dentiste. J’ai donc dormi jusqu’au samedi pour prendre la route pour Goundi.
Réveillon à Goundi : Goundi est à 3h environ en saison sèche de Sarh. C’est dans la brousse mais c’est quand même une ville très agréable (plus calme que Sarh). Il n’y a pas encore le téléphone (mais cela ne saurait tarder comme Celtel a mis une antenne). Tout ce qui est un peu développé est du à un prêtre jésuite (Guerardi) qui a monté l’hôpital (qui peut accueillir 150 malades et qui fonctionne très bien pour l’instant), l’église (qui est assez impressionnante de dehors car elle est très haute et devant il y a deux énormes statues : ce n’est pas trop le style que l’on voit au Tchad), les écoles (Mamion et Malimba : cf en-dessous)… Tout cela vient d’une seule personne mais quand elle partira que ce passera-t-il ? Arrivée à Goundi, je me renseigne pour savoir si le dentiste était là mais comme c’était jour férié (fête de la Tabaski le jour on l’on tue le mouton) de plus lundi 1er janvier étant férié je ne pouvais le voir que le mardi. Heureusement qu’avec les médicaments la douleur était supportable mais j’avais constamment mal à la tête et cela me fatiguait énormément mais comme vous pouvez le voir : je ne suis pas morte. En attendant, le dimanche j’ai un peu visité le marché de Goundi et j’ai profité des laïcs (italiens, français, médecins, infirmières, profs…) avec qui je mangeais. Le 31 nous avons donc fêté comme il se doit la nouvelle année et ce n’était pas gagné. En effet, le cuisinier nous avait fait une soupe et de la salade verte, nous avons quand même eut le droit à du vin et un gâteau un tout petit peu trop cuit. Mais après pour nous réchauffer le cœur et pour attendre minuit nous avons joué au Pictionnary. L’ambiance était très sympa et comme il y avait aussi quatre Italiens c’était assez pittoresque. La partie s’est finie juste à temps. A minuit nous avons mangé un quartier de pamplemousse (coutume italienne : manger quelque chose en pensant à quelqu’un que vous aimeriez avoir avec vous) et du vin de Karité. Ensuite nous avons regardé les étoiles avec un télescope (en particulier Saturne où il paraît on voyait les anneaux mais aussi la lune qui était superbe avec ses cratères). Soirée très conviviale et dans la bonne humeur. Le lundi j’ai pu un peu travailler (j’ai corrigé un paquet et demi de copies) et j’ai été, l’après midi, à Malimba (école primaire où travaille Sandrine et François). Le mardi matin, j’ai donc pu voir enfin le dentiste vers 9h (car pas d’électricité avant) où là après radio, il a vu une infection à une gencive et donc il fallait me dévitaliser ma dent. Cette opération s’est déroulée l’après-midi même. Cela s’est passé comme en France à part qu’il y avait deux dentistes pour moi toute seule un qui s’occupe de mes dents et l’autre pour l’eau et les instruments. Après une heure et demi on a arrêté car il n’y a plus d’électricité après 19h. Par conséquent j’y suis retournée le lendemain matin pour terminer sachant que c’était bien cela comme je n’avais plus mal. Ils m’ont fait un peu peur car le lendemain, ils ont joué avec le feu. En effet, ils brûlaient un instrument et après ils me le mettaient dans la bouche d’où jaillissait de la fumée. Mais bon tout c’est bien terminé. Et je pouvais revivre tranquillement. J’avais une occasion de retour (avec Mg Van Damme, Médar et Thomas : jésuite de Sarh) pour le vendredi et j’ai donc pu profiter des derniers instants à Goundi. Le jeudi matin, j’ai été à Mamion où travaillent Yvan, Béatrice et François. J’ai fait la visite de l’école et j’ai assisté à une heure de cours de maths (donné par Yvan) en troisième, une heure de Français en 5ième par un Tchadien et deux heures de maths en seconde en 5ième et 2nde. Ils sont entre six et dix élèves par classe et on entend que les profs. J’ai trouvé que c’était très triste car les enfants ne participent pas du tout : il faut vraiment les pousser ; de plus, le niveau est plutôt faible mais c’était le retour des classes cela explique sûrement cela. En tout cas, j’ai trouvé cela très intéressant et je trouve qu’il y a vraiment moyen de faire quelque chose (eh oui ! (c’est plus simple avec seulement six élèves) et j’ai vu quelques ressemblances avec mes élèves (le niveau, la passivité et le manque de rigueur). Je leur souhaite bon courage car cela ne doit pas être tous les jours faciles. L’après midi, avec Mg Van Damme, les scolastiques et les coopérants nous avons discuté longuement puis nous (avec les jésuites) sommes allés au presbytère pour le dîner. Nous sommes repartis ce matin avec deux arrêts : à Koumra pour voir une nouvelle paroisse et à Bédaya pour visiter une école et une plantation de manguiers, agrumes…
Comme vous pouvez le voir, j’ai été bien prise lors de ces vacances et je n’ai malheureusement rien fait tout ce que j’avais prévu (même pas les copies des élèves, cela craint un peu non ?) mais je vais essayer de le faire le plus rapidement possible ce week-end mais les garçons m’ont dit qu’on étaient invités ce soir chez Samia : une française qui travaille au CALF (centre de langue française) et c’est notre chef d’îlot (chez qui on doit aller lorsqu’il y a un gros problème politique), demain rendez-vous avec les militaires français pour je ne sais quoi ? et le soir dîner chez des coopérants protestants Suisses (très sympa). Et lundi on reçoit à dîner des gens de l’association MENTOR (qui s’occupe de la prévention contre le palu dans les camps de réfugiés à Maro sud du Tchad à la frontière avec le Centrafrique). Re-bonne année et je vous embrasse tous et à très vite. December 23 bonnes fêtes!!!17 décembre 2006 :
Bonjour, tout le monde. Comment allez-vous ? Les préparations de Noël se passent bien ?
Noël : Nous ici, on est à une semaine de Noël et il n’y a rien : Ni sapin, ni guirlande, ni vitrine, ni crèche (même dans les églises) et en plus, il fait toujours beau avec 25° en moyenne. C’est la misère, par contre Thierry a récupéré petit papa Noël, douce nuit, l’enfant au tambour… qu’on se passe régulièrement pour ne pas oublier cette période. Et qui plus est, il parait que le père Noël ne passe pas ici cela est dû sûrement à ses rennes qui n’aiment pas la chaleur c’est une vraie honte. Je pense que je vais lui écrire car moi, j’ai été très sage toute l’année. De plus, la messe de minuit est à 17h à cause de l’insécurité. Sinon, nous avions prévu d’aller, pour nous changer un peu les idées, du côté de Kiabé (dans la brousse à 150 km de Sarh vers le Nord proche des rebelles) pour y fêter Noël mais notre chauffeur nous fait faux bon donc cela me paraît très compromis. On verra bien. Dans tous les cas, les vacances vont me faire beaucoup de bien car je commence à être très fatiguée et je besoin de prendre un peu plus de temps pour moi, mais aussi pour avancer mes cours et j’espère aussi un peu me balader avec mon vélo car oui, ça y est j’ai un beau vélo : il faut encore que je m’habitue à pédaler dans le sable mais c’est bien sympa. Enfin, j’en serais plus dans mon prochain blog.
Fin de trimestre : Qui dit vacances de Noël dit aussi fin de trimestre notes, conseils, fin de corrections de copies… Les conseils commencent demain jusqu’à jeudi (moi, c’est pour mardi et mercredi), j’attends de voir comment cela se passe pour les autres. En effet, je suis un peu catastrophée des moyennes qu’ont mes élèves (9,22 en 2nde S, 6,5 en 4ième et la palme d’or est décernée à la 2nde U avec 6 de moyenne dont la moitié de la classe a en dessous de 5,5 !). Vous me direz que j’ai déjà connu pire lors de ma première année d’enseignement mais quand même. Mais, je ne suis pas pour de leur faire croire qu’ils ont le niveau alors que cela n’est pas vrai. Surtout que les moyennes ont été faites en prenant les deux meilleurs contrôles et les DS : ce que je ne trouvais pas très judicieux car je pensais que cela ne signifierais plus rien mais finalement cela n’a pas changé trop. Donc, voilà le bilan quand même très glorieux de mes élèves mais là plusieurs des élèves m’ont dit qu’ils n’avaient rien fait mais qu’au second trimestre ils s’y mettraient car ils comprenaient quand même ce que je faisais… Enfin, on verra bien.
Journée détente au CCL : Au CCL, à chaque fin de trimestre il y a une petite fête où les élèves prévoient des sketches, danses, chants… La fête a été hier (samedi 16 décembre) : elle a commencé à 8h et fini à 13h. Ce fut très sympa. Il y avait pas mal d’élèves du CCL malgré qu’ils devaient porter leur uniforme (à leur grand désespoir), mais aussi des jeunes des autres lycées et de Sarh. Ici, quand il y a une manifestation tout le monde y va puisqu’il n’y a pas vraiment de loisir. La journée a débuté avec des matchs de foot et de basket. Elle a continué avec les spectacles. Au programme : danse avec une de mes élèves de 4ième puis danse à la Michael Jackson par un autre de mes élèves de 4ième ensuite il y a eut un chant de RAP (apparemment, les jeunes aiment bien ça ici). Danse à la robotique (c’est la grande mode), un poème sur l’alcool assez drôle puis danses traditionnelles : c’est assez sympa de plus plein de monde venaient danser un petit peu. Après, il y a eut deux chants de la chorale (j’avais assisté la veille à la répétition), deux petits sketches, un quiz assez difficile pour ma part, chant poème (sur la guerre de 45) deux danses dont une sur Matt Pokora, danses et chants… C’était super bien et très bien préparer, cela a permis à tous de se détendre un peu car cela faisait quand même trois mois que les élèves « sans relâche ». J’en ai profité pour prendre pleins de photos, j’essayerais d’en mettre quelques-unes unes sur mon blog.
Soirée d’hier : Pour parfaire cette bonne journée d’hier, j’ai entraîné les garçons au restaurant de l’aéroport où l’on a été avec une autre Française (Samia) qui est entre autre chez qui l’on doit aller s’il y a un peu plus de problème. Là, nous avons mangé comme des rois. En entrée pizza (cela faisait trois mois que l’on n’en avait pas mangé et cela manquait un peu, on peut dire beaucoup) puis des brochettes avec des frites. Un vrai régal (vous voyez je ne vous avez pas menti lorsque je vous disais que j’appréciais les petits plaisirs simples). Ensuite nous avons été chez Samia pour regarder un petit film (c’était le troisième de la semaine : ici on ne se refuse rien). Ensuite dodo où j’ai réussi à dormir jusqu’au lendemain sans interruption 8h30 (première grasse matinée un vrai miracle).
Je vous quitte car je dois aller me coucher car il est déjà très tard (21h20) mais je vous promets que je vais recommencer à reprendre mon rythme du début (une fois par semaine) mais ces derniers temps j’ai été un peu débordée par le boulot. Je vous embrasse tous très fort et je vous souhaite une très bonne fête de Noël, profitez bien de votre famille et pensez à moi (un petit peu) qui suis loin de mes proches.
PS : je ne tiens jamais mon programme car je vous avez dit que je vous parlerez un peu de politique mais comme la situation s’est relativement calmée (ou en tout cas on n’en parle un peu moins) je vous en parlerez un peu plus tard, les vacances m’y aideront.
23 décembre Finalement je pars sur Kyabé demain matin avec l'occasion du marché cela risque d'être assez burlesque. Je vous raconterez tout cela la semaine prochaine. Dans tous les cas je vous souhaite de très bonnes fêtes et profitez bien de vos familles (quelle chance!). Bonnes vacances et à très vite. December 06 moi!!!3 Décembre 2006 :
Bonjour tout le monde. Je sais cela fait quinze jours que je n’ai rien écris mais en ce moment c’est un peu surchargé fin de trimestre oblige. Donc les copies n’arrêtent pas (par exemple ce week-end je devais en corriger 200 pour l’instant j’en ai corrigé seulement 80) vous me direz c’est un bon entraînement pour aller plus vite mais pour l’instant je ne suis pas encore au point. Enfin arrêtons de nous plaindre, je pense que vous vous voulez savoir comment je vais.
Moi : Je sais le titre est un peu prétentieux mais bon cela fait du bien de temps en temps… Ici, le moral est plutôt bon même si de plus en plus, la France et les Français me manquent. Le manque d’Internet n’arrange rien et la liaison de téléphone n’est pas toujours excellente mais bon j’arrive à avoir quand même de temps en temps mes parents et mes frères. Reprenons, je disais que le moral était bon, je commence à m’acclimater à l’ambiance tchadienne. Déjà la température en ce moment est très bonne (20-25°) même si cela est de plus en plus difficile de prendre une douche car bien évidemment elle est froide. En tout cas, en ce moment je me moque bien des Tchadiens car ils sont tous en gros pull et en manteaux. Pour eux, 25° avec grand soleil c’est l’hiver. Je peux me le permettre car bientôt c’est eux qui vont se moquer de moi car il paraît qu’en mars avril il va faire 45° à l’ombre et je pense que je vais bien souffrir mais bon j’étais prévenue. De plus, je me suis trouvée quelques activités extra-scolaire pour pouvoir me ressourcer et croyez-moi ici point de vue divertissement il faut chercher : il n’y a rien juste un cinéma avec des films de Kung-fu et le marché. Enfin le dimanche après-midi, je fais du Karaté avec Médar (père spirituel du collège) qui lui a une ceinture noire et il m’a dit si je bossais dur je pourrais l’avoir dans trois ans mais pour l’instant ce n’est pas encore fait vu qu’au bout d’une heure trente je suis complètement lessivée et pendant trois jours je n’arrive plus à marcher. Mais bon, cela viendra petit à petit. Le vendredi vers 15h, je vais aller à la chorale de l’école pour pouvoir prier deux fois plus (comme ils disent ici). Pour l’instant, je n’ai pas pu y aller à cause de l’enterrement, des jours fériés et des réunions avec les profs… Mais bon cela sera certainement pour bientôt. Sinon, le lundi et le jeudi il y a les élèves qui font du volley, je vais essayer le lundi vu que j’ai cours de soutien le jeudi. On verra. Je me suis aussi fixée une soirée (ou après-midi) film au moins par semaine. Voilà un peu les activités quotidiennes que je compte faire.
Sinon, de temps en temps (souvent les jours fériés ou les samedi) des collègues ou des prêtres me proposent de visiter un peu Sarh et ses environs. C’est toujours très sympa car cela me fait un peu bougé vu que je n’ai toujours pas mon vélo mais cela ne serait tardé. Avec un collègue, j’ai été visitée la STEE (société tchadienne d’électricité) où j’ai pu voir le tout nouveau groupe qui est tout beau (pourvu que cela dure). Sinon, j’y suis retournée mardi dernier (jour férié pour la république donc comme vous pouvez l’imaginer ce n’était pas la grande fête) car celui qui s’occupe de la STEE m’a invité pour déjeuner : ambiance très sympa brochettes, jus, frites sous les arbres. C’est un Tchadien qui a fait ses études en France et il adore les Français mais malheureusement comme il a eu un accident de travail, on l’a muté à Abéché à son grand désespoir (cf. ci-dessous : situation politique). Vendredi dernier (1er décembre), c’était aussi férié (proclamation de l’indépendance et cela est une fête). On a été avec le père Joseph (il s’occupe du petit séminaire) et les jeunes du petit séminaire (des jeunes de 5ième à la Tale qui se préparent à être prêtre) à Djoli et Niellim. C’était une journée vraiment idyllique car l’ambiance était très simple et le paysage superbe avec des arbres magnifiques, des villages typiques, des petites collines… J’ai pu prendre pleins de photos j’essayerais d’en mettre quelques-unes unes sur mon blog. De plus, j’ai passé deux soirées super bien avec un Français (ou plutôt Breton) : M. Gaudin qui est là depuis un mois et qui vient chaque année pour la gestion du CCL et des Jésuites. Les deux fois j’ai été accueillie comme une reine : vin, saucisson, omelette au chorizo, bananes et pamplemousse. Après moult discussions, j’en ressors avec un peu le mal de crane (eh oui ! J’ai perdu l’habitude de boire) mais bien. Par contre, j’ai du mal à m’en remettre car je n’ai plus l’habitude de boire et de me coucher à minuit-une heure du matin.
Voilà un peu mon état d’esprit. La semaine prochaine normalement j’aurais plus de temps pour vous raconter la situation politique (eh oui ! Encore) car elle évolue en ce moment à grand pas mais aussi comment je m’organise pour la nourriture, le linge et le ménage. Bonne semaine à vous et n’hésitez pas à me poser des questions si vous ne comprenez pas quelque chose ou si je n’ai pas expliqué assez. Gros bisous à tout le monde et à bientôt.November 26 nouvelles12 novembre 2006 : Bonjour, me revoici pour vous raconter ma petite vie à la Tchadienne. Cette semaine j’ai assisté à deux grands événements à Sarh : la première fut un enterrement et la seconde une ordination de quatre prêtres. Je vais essayer de vous raconter cela. L’enterrement : Vendredi dernier, avant d’aller en cours, nous avons appris la mort d’un des professeurs de sport qui est mort dans la nuit. Donc les cours furent arrêtés vers dix heures pour pouvoir rendre hommage à la famille et pour assister à l’enterrement. J’appris que cet homme, âgé d’environ cinquante ans, était vacataire (c’est un prof qui vient du public et qui vient donner quelques cours dans le public comme il n’y en a pas assez). De plus, il était déjà malade mais de quoi on ne sait pas trop : peut être un problème de foie. En effet, comme beaucoup d’hommes ici, les enseignants du public boivent beaucoup : ils ne sont pas payé régulièrement donc ils empruntent à des créanciers qui leur prennent le peu d’argent qu’ils ont et c’est le début de la dégringolade. Il avait été à l’hôpital central dans la semaine et il devait aller à Goundi (c’est un hôpital qui a été créé par un jésuite italien et cet hôpital est le meilleur hôpital du Tchad. Il se trouve à deux heures en saison sèche et quatre-cinq heures en saison des pluies) dans la matinée du vendredi : mais trop tard. Le plus fou, c’est qu’il avait assuré les cours normalement le jour de sa mort. Après avoir fait une petite collecte pour la famille, nous sommes partis pour aller voir la famille. Nous sommes arrivés vers 11h45 et nous avons attendu le reste des professeurs. Il y avait aussi beaucoup d’élèves du CCL qui sont venus. Les professeurs sont arrivés vers 12h30. A ce moment là, nous nous sommes rapprochés de la concession pour commencer à saluer les hommes qui attendent dehors puis nous avons fait le tour du corps pour rendre hommage à la famille. Le corps était dans son lit dans le jardin de la concession sous un arbre. Autour, il y a toutes les femmes et les hommes restent à l’écart car l’homme naît de la femme et donc c’est à la femme à qui revient le droit de l’accompagner. Après cela, nous avons attendu à côté de la concession l’enterrement en entendant pleurer et crier les femmes. L’enterrement ici se fait très souvent le jour même à cause du problème de conservation en effet il n’y a pas de chambre froide surtout à cause du manque d’électricité. Vers 14h30, donc après avoir attendus pendant trois heures sans parler, le cercueil est arrivé : il venait d’être fabriqué. Ensuite, ils l’ont mis dans le cercueil et une prière a été dite en Sara, bien sûr. Ensuite les hommages ont commencé : la ligue des sports, le collège et la famille de la mère et du père. Ensuite tout le monde est monté dans les camions et il y avait aussi une grosse benne pour prendre plus de monde pour aller au cimetière. Il n’y avait ni messe, ni chant puisque le défunt était un témoin de Jéhovah. Tout le monde était autour et en même temps il y avait quatre autres enterrements. Avec Thomas, nous sommes repartis assez rapidement après. Donc nous voilà de retour lessivés vers 16h30 où nous avons pu un peu manger et se reposer. Le soir pour nous détendre un peu avec Médard nous avons regardé les dieux sont tombés sur la tête. Je ne me sentais vraiment pas à l’aise car je ne connaissais pas le défunt. De plus, de voir les femmes et ses enfants crier et pleurer, tellement ils en faisaient que je trouvais que cela sonnait faux même si la peine était bien sûr là. Les Tchadiens est leur rapport avec la mort : Les Tchadiens ne voient pas la mort comme nous. En effet, ils la côtoient tous les jours. Très souvent dans les discussions on parle d’untel qui vient de mourir comme ça et l’on ne cherche même pas à savoir de quoi. La maladie et la mort sont omniprésentes dans leur vie et je pense donc qu’ils arrivent à mieux le gérer que nous. De plus, les gens meurent très jeunes ici : je crois que l’espérance de vie est de 47 ans. Donc quelqu’un qui a 30 ans dit qu’il vie ses derniers moments de sa vie alors que pour nous cela ne fait que commencer !!!
Les ordinations : Le samedi 11 novembre, un grand événement est prévu à Sarh ; il y a quatre ordinations de prévu. L’évêque de N’Djamena, le préfet de Sarh, l’Iman musulman… enfin toutes les personnalités de Sarh sont venus pour cette célébration. Elle devait commencer à 8h donc vers sept heure nous sommes partis pour la cathédrale pour avoir des places ce que nous avons eut (heureusement !). La cérémonie a commencé vers 8h30 et là il y a un gros problème de micro (le SAVE n’a pas jugé necessaire de faire des essais avant de plus les ingénieurs du son sont arrivés à 8h alors que la messe devait débuter). Aucun micro ne marchait donc nous n’avons rien entendu de toute la messe mais bon on a quand même vu l’ambiance. En effet, il y avait beaucoup de monde et de toutes religions (protestants, musulmans…). Dès que quelqu’un se levait pour voir ce qu’il se passait soit les gens criaient soit tout le monde se levaient. La messe a duré près de cinq heures de plus vers 10h le soleil commencé a bien tapé (nous étions dans la cour de la cathédrale). La cérémonie a débuté par un mot de bienvenue du curé de la cathédrale et par un mot de l’évêque de Sarh qui a célébré la messe. Puis vinrent les lectures, l’évangile et l’homélie. Jusque là rien de nouveau. Ensuite les ordinands sont arrivés et l’ordination a commencé. Il y a plusieurs rites : les rites préparatoires (présentation des ordinands, dialogue entre l’évêque et les ordinands, prière), les rites essentiels (l’imposition des mains : tous les prêtres présents posent leurs mains sur la tête des ordinands pour les bénir puis la prière consécratoire) et les rites complémentaires (les ordinands partent assisté d’un prêtre pour aller revêtir leur aube et reviennent pour l’onction des mains et la remise du calice et de la patène. Après les prêtres reçoivent le baiser de paix de la part de tous les prêtres et ce qui est marrant à voir c’est que de temps en temps les prêtres se mettent à danser pour les féliciter et à les prendre dans les bras. Puis prière universelle). Ensuite il y a eu la liturgie eucharistique et la communion. Après, il y a la remise des cadeaux : poulets, chèvres, fruits, vélos, motos, argents… Tout le monde amène des cadeaux à profusion de toute sorte vivant ou matériel. Là tout le monde se lèvent et se bousculent pour pouvoir ce qu’ils ont eu. Sinon, il y a aussi des femmes qui amènent leur enfant pour que le prêtre le prenne dans les bras et le montrait à tout le monde. La messe se termine par les remerciements et l’envoi. Nous avons été prendre un verre d’eau à la maison (et moi une cigarette !) et nous avons été rejoindre tout le monde pour le repas car nous avions reçu des invitations. Là un placeur m’a mise à une table où je ne connaissais personne et où cela parlait Sara. Mais bon, ils étaient très gentils. Sinon, nous avons enfin mangé : riz, viande, poisson, boule, crêpe de mil et beignets. Après un bon repas, nous sommes rentrés tranquillement à la maison vers 16h30. Et ce soir là, dodo a 21h.
Voilà, j’espère que cela vous a intéressé et que vous en redemandez encore mais bon il faudra attendre la semaine prochaine. PS : n’hésitez pas à me poser des questions si vous voulez plus de détails sur certaines choses. J’y répondrais ultérieurement.
16 novembre 2006 : Salut tout le monde je profite d’un moment de répit pour vous raconter la suite de mes aventures Tchadiennes malgré que je n’arrive pas à le mettre sur Internet. Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler de choses nouvelles mais compléter car il y a eu quelques évolutions sur les esprits à l’école, la situation politique et sur la mort omniprésente au Tchad.
La suite des esprits de l’école !!! La semaine dernière les deux filles ont recommencé à voir les esprits. Clémence, celle qui voyait la vieille dame avec un bâton pour la frapper, maintenant cette vieilledame est la vierge Marie et elle demande au père Spirituel Médar d’aider Clémence a fondé une famille car Clémence ne serait plus destinée à être une sœur. En effet, la vierge Marie aurait écrit une lettre pour Clémence pendant la nuit pour lui dire tout cela. De plus, pendant une étude du soir, elle a demandé à ses amis de lui rapporter ses habits de baptême qu’elle a revêtis pour prier. Lorsque Médar est arrivé, il a vu Clémence entourée de ses amis en rond avec des bougies allumées et Clémence tout de blanc vêtue tout cela en plein cours. Non, non ici ce n’est pas la troisième dimension ! Pour les jésuites c’en était trop, surtout pour Médar qui n’avait plus un moment de libre pour parler avec les autres élèves car les deux filles l’accaparaient tout le temps. Donc on l’a renvoyé pour une semaine afin qu’elle puisse se reposer tranquillement chez elle. Il en a été de même pour la seconde deux jours plus tard car elle a continué de voir ces deux hommes blancs qui demandaient toujours au père spirituel de ne plus prier pour Claire. Maintenant si elle recommence, elles doivent s’adresser à l’évêque directement. Affaire à suivre.
La situation politique !!! Il y a quinze jours, je vous parlais des rebelles dans l’est du Tchad et de la peut-être guerre avec le Soudan. Maintenant tout ceci est passé aux oubliettes car entre temps, il y a aussi des rebelles au Centre Afrique qui ont tués et pris plusieurs villes au nord proche de la frontière avec le Tchad. De plus, depuis quatre jours, le Tchad est en état d’alerte : au Sud, à l’Est et à l’Ouest (vous me direz qu’il ne reste que le nord mais comme il n’y a personne !!! Je pense qu’on peut dire état d’alerte dans tout le pays). En effet dans trois ou quatre villes, il y a eu entre 170 et 400 morts (selon différentes ressources CNN ou RFI : à vous de choisir) à cause de petites guerres entre musulmans et catholiques. D’après ce qu’on dit cela se passerait du côté d’Abéché (Est du pays) mais aussi près de Sarh. Or j’ai contacté quelqu’un qui est à Abéché et il me dit que c’est calme là-bas et ici, à part quelques avions français (je suppose) qui volent de temps en temps il n’y a aucun changement. Sauf qu’on a quand même refait notre bagage au cas où ! Sinon, je crois que l’état d’alerte permet aux militaires de perquisitionner les concessions mais aussi de réquisitionner les voitures ou autres choses s’ils le veulent… Et d’après ce que j’ai compris, il faut se balader avec nos papiers car il y a plus de contrôles.
La mort !!! Dimanche dernier je vous racontais que la mort est omniprésente au Tchad et je vous avais raconté que le vendredi j’avais été à un enterrement. Eh bien, devinez quoi ? Dès le lundi, nous n’avons pas eu cours après dix heures pour qu’on puisse aller à l’enterrement de la femme d’un collègue. Elle a eu des complications lors d’un accouchement donc elle a perdu le bébé et est morte après. Eh oui ! on meurt encore d’un accouchement. L’enterrement était plus « joyeux » que celui de vendredi : lors de l’attente, les femmes chantaient autour du corps et là non plus les hommes étaient à part. Sinon, la famille a dit au revoir et il y a eu une prière. Nous avons été tout en chantant au cimetière pour prier un peu et pour finalement l’enterrer. Ce fut aussi une journée très fatigante surtout après le week-end que j’avais passé et donc je suis un peu fatiguée mais c’est bientôt le week-end.
Voilà, j’espère pouvoir le mettre samedi matin. On se dit que peut-être la raison du non Internet est due au brouillage des militaires mais là on extrapole vraiment !!! Gros bisous à tout le monde. Bon week-end et à bientôt. PS : Comme Noël, arrive à grand pas, on ne sait jamais si vous voulez m’envoyer un petit colis (avec livres, dvix ou dvd, nourriture bien de chez nous) surtout n’hésiter pas. Finalement, vous pouvez l’envoyer par la poste traditionnelle ou l’envoyer par l’armée ce qui vous permettra de payer moins cher : tarif outre mer économique (23,60 euros l’an dernier pour 10 kg maxi). Donc vous mettez : Pour le destinataire : Aumônerie Catholique SP85301 00825-Armées Pour l’expéditeur : Stéphanie de la Gastine DCC Et votre adresse Par contre empaqueter le bien pour les vols et regroupez vous. Merci d’avance. November 07 les rebelles!!!4 novembre 2006 :
Bonjour, tout le monde. Cette semaine je ne vais pas vous raconter mes déboires continuels avec mes élèves mais comme je vous le disais précédemment je vais essayer de vous parler de la politique tchadienne. Comme je n’ai plus de radio et je n’ai pas la télé, vous comprendrez bien que ce n’soit que par ouïr dire…
Les rebelles : Lundi 30 octobre, des rebelles ont tenté d’abattre un avion militaire Français avec un missile nucléaire solaire. Vous me direz qu’ils sont bien équipés mais d’après une interview à la radio on en trouve dans toutes les boutiques et au marché noir facilement !!! De plus ils ont pris d’assaut la ville de Am Timan à environ 300km sud-est de Sarh proche du Darfour. Le jeudi, ils se sont repliés pour aller dans les montagnes et l’on a cru que c’était terminé. Mais erreur fatale, ils sont partis pour pouvoir piéger les militaires du gouvernement et donc bilan total : 150 morts et 50 blessés (je crois). Aujourd’hui, on n’en parle plus mais ils restent là à mon avis plus déterminés que jamais car on sait qu’ils ont des armes (fournis par qui ?) et qu’ils sont plutôt stratégiques. Peut-être vont-ils attendre la fin de la saison des pluies pour venir sur Sarh ou aller directement sur N’Djamena ? Vous me direz mais que veulent-ils ? Premièrement, ils veulent prendre le pouvoir et remplacer Idriss Déby qui soit dit en passant a pris le pouvoir de la même façon en 1990. Deuxièmement, ils veulent que tous les français quittent leur pays. Sur ce point beaucoup de Tchadiens pensent comme eux. En majorité, les Tchadiens ne veulent plus de l’armée française qui protége Idriss Déby mais par contre eux ne sont pas contre les bonnes âmes françaises pour les aider (ouf !).
Guerre avec le Soudan ? Depuis 2003, le Soudan est en crise. On peut même dire qu’il y a au Soudan « une des plus graves crises humanitaires de ce début du siècle » (petit futé). Pendant que les rebelles attaquaient, il y aurait eu, de la part du Soudan, des attaques avec bombes du côté du Tchad. Par contre, le Soudan nie les choses. Peut-être est ce le Tchad qui ment pour avoir l’appui des français pour déclarer la guerre au Soudan ou bien est ce le Soudan qui ment pour pouvoir mieux se préparer à attaquer le Tchad ? On ne sait pas et je pense qu’on ne le saura sûrement jamais.
Ce que j’en pense : Je pense que le Tchad est mal parti et je ne vois pas comment cela peut s’améliorer. En effet, il y a tellement d’ethnie qui veulent le pouvoir et donc il y aura forcément des querelles. La seule chose qui pourrait arranger les choses : c’est d’avoir une vraie démocratie avec un chef d’état qui ne pense pas par rapport à son ethnie ni pour soi mais qui pense avant tout à son pays qu’il veut faire progresser et donc utiliser l’argent du pétrole… pour servir le pays (comme par exemple ouvrir des usines, faire des routes, nettoyer les rues…) au lieu de mettre l’argent pour l’armée (cela permet de garder le pouvoir) et pour soi. Sinon, je ne comprends pas trop pourquoi l’armée Française est toujours là. Je crois savoir qu’il y a des écrits qui ont été signés lors de la décolonisation qui stipulent que l’armée française doit aider le pouvoir a resté en place. Mais, comme les Tchadiens ne veulent plus de l’armée française, pourquoi on ne les laisserait pas se débrouiller tout seul pour construire un pays comme ils le souhaitent ?
Tous ces événements n’ont pas trop bouleversé ma vie quotidienne. La seule chose c’est que j’ai un sac de prêt au cas où qu’on serait rapatrié comme les Allemands de Sarh (vendredi dernier) et j’ai l’espoir de faire mon baptême d’hélico avec un petit séjour tout frais payé en France.
Voilà les dernières petites news actuelles du Tchad. Maintenant, tout ce que j’ai pu vous raconter aujourd’hui n’a pas pu être vérifié de plus c’est assez compliqué comme situation donc ne m’en voulez pas trop s’il y a des erreurs… November 01 week-end mouvementé!!!28 octobre 2006 :
Le week-end dernier (21-22-23/10) : Nous avons eu le droit à une journée de plus de repos comme lundi dernier c’était la fête du ramadan. Ce n’est que le dimanche soir que nous avons su que le lundi était férié puisque c’est l’Iman qui décide de quand se termine le ramadan et donc il attend de voir une certaine lune pour déclarer la fin du ramadan. Ce week-end a été très appréciable après une semaine un peu difficile (manque d’Internet, beaucoup de copies, élèves plus ou moins gentils…). Il a débuté par la colle que j’ai donnée à 30 élèves de ma quatrième. Ils ont du recopier dix fois l’essentiel du premier chapitre. Après, ils devaient me le réciter. Bien sûr il y en qui sont arrivés avec deux heures de retard et par conséquent pour moi la colle à durer de 7h15 à 12h00. Ce fut un peu laborieux mais le but a été plutôt efficace puisque cinq jours plus tard je leur ai refait la même intéro et il n’y en a eu qu’un qui n’a pas la moyenne (3,63/5 de moyenne au lieu de 1,27/5 au départ). Il y en cinq qui n’ont pas fait la colle et du coup, avec accord et conseil du préfet, les élèves ont été exclus une matinée pour qu’il fasse la même chose que les autres. L’après midi a été ponctuée par des copies et essayée d’avoir Internet (mais toujours impossible car la connexion n’est bonne que le matin et moi je travaille tous les matins). Ensuite, pour nous changer les idées, nous avons décidé d’aller au restaurant. Alors nous avons essayé de réserver au restaurant de l’aéroport (où j’avais déjà été prendre un pot) où le menu nous tentait bien. Dès 16h, nous salivions de prendre en entrée une bonne pizza, puis un steak frite et en dessert une salade de fruits. Mais bon il n’y avait plus de pizza, plus de viande, plus de pomme de terre et plus de fruits. Donc après lui avoir demandé plusieurs fois ce qu’il y avait au menu, il nous a enfin répondu qu’il n’y avait que du poisson. Nous qui rêvions de viande frite ! Nous avons été voir un autre restau : O beau séjour dans le quartier de Kassaï. Après avoir réservé pour trois (steak + frite + bananes) nous nous sommes un tout petit peu (la nuit commencée à tomber) baladés au bord du Chari dont voici (j’espère quelques photos). Nous avons attendu gentiment à la maison 19h15 pour y retourner. Lorsque nous arrivons au restau, il y a une coupure de courant et le temps qu’il répare le groupe, nous avons patienté sous un ciel étoilé et sous des centaines de lucioles qui clignotent. C’était vraiment féerique. Une fois le groupe remis en marche, nous avons put déguster notre viande (sans os, bien poivrée et bien cuite) et nos frites avec délice. Par gourmandise, nous avons pris les bananes pour finir. De retour vers 21h, nous avons pu tranquillement aller se coucher avec bonheur car j’avais eu une journée éreintante. N’est ce pas ?
Le dimanche a été consacré pour envoyer des mails, remplir mon blog (avec mon texte sur mes élèves et quelques photos en plus). Même le matin, je n’ai pas eut le temps d’aller à la messe mais j’ai réussi à faire tout ce que je voulais faire. Vers 17h nous avons regardé un bon petit film : V pour Vendetta (merci Solenne).
Le lundi, qui était donc férié, nous avions décidé d’aller à la CST (entreprise sucrière du Tchad) : la seule grande entreprise de Sarh. Nous avions donné rendez-vous à l’abbé Firmin vers 8h30. Mais il n’est arrivé qu’à 10h30. Heureusement d’ailleurs puisque Jeremy a eut un léger accident en voulant sauter pour cueillir des goyaves. On a donc fait appel au frère Alfredo (grand infirmier) afin qu’il puisse diagnostiquer le mal et lui mettre un bandage. Nous avons bien faillit annuler notre première vrai sortie. Finalement nous avons décollé vers 11h30 par manque de voiture. Finalement c’est le père Robert (mon directeur) qui nous y a conduit. La CST est à peu près 35-45 min en voiture et c’est une vrai petite ville avec des vraies routes en bon état (eh oui !!! Ils ont de l’argent). Nous avons commencé par prendre un pot au bar avec vue sur le Chari et nous avons pris commande (moi j’ai demandé : en entrée salade de concombre tomate, puis une côte de porc avec des frites et en dessert une salade de fruit). Après avoir passé commande, le directeur des cultures nous a fait visiter une partie des cultures. C’était super, il y a des cannes à sucre de différents pays : Inde, Brésil… Ils testent chaque année plus de cinq cent pousses différentes par an. Sinon, le directeur nous a fait la promotion de l’arrosage au goutte à goutte. En effet, cette méthode n’existe pas dans toute l’Afrique. Cette méthode entraîne une meilleure production comme l’eau va directement sur les racines. De plus cela facilite le dosage des engrais… Enfin, bon, c’est génial !!! Après cette visite fort intéressante, nous avons mangé comme des rois. Dès l’entrée, je n’avais plus faim mais par gourmandise j’ai tout mangé. Bien sûr, on ne pourra pas y aller toutes les semaines car ce n’est quand même pas donné mais cela vaut le coup de temps en temps. Une fois le déjeuner terminé, nous avons été chez le frère du père Robert qui travaille à la CST. Et là quelle surprise, un poulet marocain (la belle sœur est marocaine) et du riz nous attendaient gentiment. Nous avons donc été obligés de remanger et pas qu’un petit peu. Dans tous les cas, ils nous ont reçus royalement et nous avons passé une bonne fin d’après midi.
Voilà mes nouvelles quotidiennes doivent se terminer car il me reste un tas de copies mais aussi de cours à préparer. Donc bon week-end et à bientôt.
La semaine prochaine, j’essayerais de vous parler de géopolitique car en ce moment au Tchad cela bouge un petit peu mais ne vous inquiétez pas car on sera dans les premiers à être rapatriés et cela se calme.
magie en Afrique!!!27 octobre 2006 :
Ces deux dernières semaines ont été très surchargées : je n’ai pas arrêté de bosser (copies, cours, colles…) et je profite d’un petit moment de répit pour reprendre mon blog.
Evénements magiques de la semaine du 16/10 au 20/10 : La semaine dernière deux événements magiques se sont passés à Sarh : La première qui n’est pas des moindres : l’électricité est revenue. Par contre comme toute chose qui se fait attendre, il y a souvent des coupures et dès le lendemain mon réveil a sauté (surchauffe d’électricité) alors qu’il était neuf d’un jour. Tant pis, j’essayerais de faire marcher ma garantie quand je rentrerai en France. La deuxième est plus surprenante (même si la première n’est pas des moindres). Le collège est hanté. En effet en 2nde L, il y a deux filles qui voient le mal dès qu’elles ne prient pas. La première voit une vieille dame avec un balais qui veut la tabasser et lui demande de ne pas prier tandis que la seconde, elle, elle voit deux grands hommes blancs avec des cheveux longs qui veulent la prendre. Alors, dès qu’elles sont en cours, elles se mettent à courir dans l’école. C’est assez bizarre de voir cela. Quand les jésuites ont commencé à me raconter cette histoire, ma première réaction a été de rire : erreur fatale car ici on ne rigole de ces choses là (si cela vous arrive un jour, je vous aurais prévenu). De plus, ils pensaient que cela pouvait créer une émeute dans l’école. Dans ces cas là, il faut d’abord éloigner les deux jeunes en les emmenant pour prier pendant des heures (dans le collège, on voyait donc le père spirituel : Médar courir après les filles pour les emmener prier), puis faire une messe avec plein d’eau bénite dans la classe et emmener faire le test de la goutte épaisse (test pour voir si elles ont le palu). Les tests ont été négatifs, donc on ne sait ce qui se passe ? Pour l’instant on n’en parle plus : celle qui voyait la dame qui ne voulait pas qu’elle prie lui a finalement dit qu’elle avait eu raison de prier car sinon elle serait morte, tandis que l’autre, on ne sait pas trop. Dans tous les cas, les deux jeunes filles après plusieurs de jours chez elle ont regagné les cours.
Quelques croyances africaines sur la sorcellerie : De part cette histoire, les discussions ont tourné sur la sorcellerie. Comme je vous le disais, même les prêtres y croient dur comme fer. Les coupeurs de têtes !!! En effet, au Tchad lorsque l’on se promène seul dans la brousse, il y a un homme qui va sûrement venir pour vous couper la tête pour en faire des fétiches…
Ne jamais serrer les mains à un Burkinabé !!! En effet, au Burkina Faso, quand on va au marché il ne faut surtout pas serrer les mains des gens car il existe des gens qui enlève les parties génitales rien qu’en serrant la main de la personne.
Ne pas se moquer de la sorcellerie !!! Une fois un prêtre ne croyait pas en tout cela, alors il est rentré chez un sorcier. Devinez quoi ? Il en est ressorti tout courber et il est resté comme cela jusqu’à la fin de sa vie. Voilà, les petites histoires les plus croustillantes.
Je vais essayer déjà de mettre cela sur mon blog et dimanche (ou lundi), je vous raconterais le week-end dernier qui fut assez chargé. Gros bisous à tout le monde et à très vite.
PS : Hier, j’ai reçu ma première lettre (merci Zaza). Donc, n’hésitez pas à m’envoyer des lettres cela met entre dix et quinze jours. Merci par avance. Sinon ça y est, j’ai un nouveau téléphone portable donc vous pouvez m’appeler quand vous le voulez. Je le redonne au cas ou : 235 6625588. Faites avec télérabais c’est beaucoup moins cher. Et pour les colis, il faut encore attendre que je me renseigne. October 22 Mes élèves !!!16 octobre 2006 :
Je reprends donc là où j’en étais. Je vais vous raconter ma vie avec mes élèves.
Mes élèves : Comme je vous le disais précédemment, j’ai trois classes : une quatrième de 47 élèves, une seconde (seconde U donc c’est élèves iront prioritairement en première bio ou littéraire) dont je suis professeur titulaire (attention, ça va déménager) qui comprend 44 élèves et la seconde S où les 30 élèves vont aller en première S (normalement). Parlons tout d’abord de ma quatrième qui me pose énormément de soucis (enfin, beaucoup de copies). En effet, ces petits n’apprennent pas leur cours et par conséquent j’ai du refaire le contrôle tellement c’était catastrophique. Donc je leur ai redonné un contrôle où il y avait 10 points pour le cours et 10 points sur des exos d’application directe du cours. Re-cata (25 élèves ont eu moins de 5,5/20). Du coup, depuis les contrôles, à chaque début de cours je leur redemande les mêmes questions de cours (citer les identités remarquables et les propriétés sur les puissances), et au bout d’une semaine, il y en a toujours qui ont 0/5. Je commence à en avoir vraiment marre car toute la semaine dernière j’ai du corriger 141 copies rien que pour cette classe. Je recommence encore une fois et ceux qui n’ont rien appris, je vais les coller pour qu’ils recopient 25 fois le cours. Enfin, il faut que je me renseigne sur ce qui se fait ici. De plus, ils ne font pas le petit exercice que je leur demande peut-être une fois par semaine. Déjà qu’ils ne sont pas très bons et s’ils n’apprennent pas leur cour et ne font pas leur exos cela risque d’être la catastrophe. Je ne vais pas les lâcher et ils finiront bien par comprendre (enfin je l’espère). Parlons d’un autre problème : mes seconde U. Ses élèves ne sont pas du tout impressionnés par moi : la Blanche. En effet, au début, ils se moquaient de moi, ils me manquais de respect… Après plusieurs sermons et plusieurs explications, ils se sont un peu calmés (sauf pendant les pauses où là tout le monde vient me voir pour me poser des questions, pour réclamer méchamment des points… en criant cette fois-ci (voir chuchotement)). Le climat actuel est plus clément, pourvu que cela dure. Avec mes seconde S, je suis plus cool même si ils n’apprennent pas toujours leur cours mais ils participent bien, ils sont respectueux, ils font les exercices demandés… Le climat avec cette classe est au beau fixe : touchons du bois.
Petites anecdotes : La calculette !!! Dès la première semaine, il y a une élève de TaleD qui vient me demander si je peux lui expliquer comment marche sa calculette CASIO. Je lui dis de venir au centre pour que je lui explique en espérant que je pourrai l’aider (car je suis plus TI que Casio). La semaine d’après, elle vient donc me voir avec sa calculette comme elle dit. En effet, ce n’était pas du tout une calculatrice mais plus un agenda électronique. Moi, naïve comme je suis, j’ai pensé que c’était une calculatrice graphique. Mais bon, je lui ai quand même expliquée comment rentrer ses adresses, ses rendez-vous et… je lui ai expliqué aussi comment marcher le réveil. Là, vous auriez vu la tête d’admiration qu’elle avait lorsque le réveil marchait alors que l’agenda était éteint : on a du le faire sonner au moins cinq fois pour qu’elle comprenne bien comment cela marche. Après deux heures d’explications, elle me remercie et me dit qu’elle reviendra si elle a oublié comment cela marcher. J’attends donc qu’elle revienne, au moins cela ira plus vite la prochaine fois car je connais maintenant l’engin.
Les musulmans !!! En ce moment, c’est le ramadan pour les musulmans. Dans l’école, il y a environ 30% d’élèves musulmans et ils nous importunent un peu en ce moment. En effet, lors du ramadan, ils n’ont pas le droit d’avaler leur salive et donc, ils sortent souvent pour cracher. De plus, en plein milieu de l’étude, ils sortent pour prier et pour manger.
Les mouchoirs !!! En plus des crachats, les élèves te demandent s’ils peuvent aller se moucher. Moi, innocemment, je leur ai dit de se moucher dans la classe. Là, on me dit que c’est interdit. Je ne comprends pas tout alors le soir je demande aux jésuites si le fait de se moucher en classe était interdit dans l’école. Tout le monde se moque de moi et ils finissent par m’expliquer le phénomène. Non, ce n’est pas interdit dans l’école mais comme ils n’ont pas de mouchoir, ils ne peuvent pas le faire en classe et je vous laisse imaginer comment ils font.
La douche !!! Il y en a aussi qui demandent de sortir pour aller à la douche. Là je leur fais répéter plusieurs fois mais ils insistent. J’ai compris bien plus tard que cela voulait tout simplement dire aller aux toilettes.
Le chuchotement !!! Ce qui m’agace le plus, c’est que les élèves chuchotent pour parler alors que je suis à l’autre bout de la classe (même le voisin ne l’entend pas). Déjà, je ne comprends pas tout ce qu’ils me disent et que je suis un peu sourde. Alors je leur demande au moins 10 fois de répéter et de parler plus fort et quelqu’un fini par comprendre et me le répéter un peu plus distinctement.
Serveuse !!! Les élèves pour m’appeler ou pour dire quelque chose, ils claque des doigts au lieu de lever tout simplement la main. Au début, cela m’a fait bizarre mais il faut voir le côté pratique de la chose : cela me permet de voir qui m’appelle.
Voilà, j’espère que je commence à répondre à votre curiosité. Dans le prochain épisode, je vous parlerais certainement : - Du climat - De la nourriture… Gros bisous à tout le monde et à très vite. PS : n’hésitez pas à me poser des questions si vous voulez plus de détails sur certaines choses. J’y répondrais ultérieurement. October 14 la nouvelle villa!!!Oubli du 8 octobre 2006 : Dans mes deux journées noires, il y a eu aussi un fait que j’ai oublié de vous raconter. En effet le mercredi, il y a un Tchadien qui m’a fait ma chambre (il était très sympa et c’était l’un des seul qui me parlait au centre). Et quand je rentre le midi, je constate qu’il me manque 2 000 FCFA. Vous me direz que ce n’est pas grand chose 20FFR mais bon sur le coup j’étais très en colère. Cela voulait dire qu’il ne fallait faire confiance à personne car pour eux c’est normal, ils ne pensent que c’est mal ce qu’il a fait. Enfin, heureusement qu’il ne m’a pas pris mon argent français car là il pouvait se faire une petite année sympathique. Et pour la fin de l’histoire, j’ai préféré ne rien lui dire et de pardonner. Je suis gentille, non ? 14 octobre 2006 : Coucou tout le monde, j’ai pleins de news à vous annoncer : Le troisième coopérant Jeremy (il va s’occuper de la gestion de la procure et un peu celle du SAVE) est arrivé mercredi et du coup, comme il n’y avait plus de place à l’évêché, nous avons aménagé dans notre nouvelle villa. Notre villa : Changement de programme, finalement l’évêque à demander au père Robert que j’aille avec les deux autres coopérants dans la villa des sœurs congolaises. En effet, les sœurs sont parties il y a maintenant un mois pour un an et donc leur villa reste inoccupée. Par conséquent, nous nous y sommes installés mardi soir dernier avant l’arrivée de Jeremy. Cette villa se trouve à côté du centre d’accueil et du SAVE. Elle est gigantesque : il y a quatre chambres, un immense salon et salle à manger. Dans une autre partie de la maison, se trouve la cuisine et un petit bureau qui va sûrement nous servir de débarras (j’espère que les photos que j’ai prises arriveront à passer). Et, devinez quoi ? il y a même une chapelle pour prier : on a de la chance, n’est ce pas ? Par contre, il y a quand même un petit inconvénient sinon cela ne serait pas drôle : le directeur du SAVE (le père Fidel) célèbre une messe tous les matins à 5h30 et je suis tout à côté. Vous me direz, il y a pire comme réveil que les cantiques du Seigneur mais bon c’est quand même un peu tôt. Je pense que notre collocation est une bonne chose car au moins je ne me retrouverais pas toute seule le soir et l’on pourra se partager les frais de notre futur employé (cuisinier, homme de ménage… Beau programme). Mais comme toute chose il y a des désagréments. En effet, depuis que nous avons aménagé ensemble je n’arrive plus du tout à tenir mon petit rythme d’avant du coup je n’ai plus le temps de lire, de faire la sieste, je me couche très tard (vers dix heures du soir) et maintenant je suis fatiguée. De plus, je dois me cloîtrer dans ma chambre pour fumer ma petite cigarette (ce n’est pas une honte, non ?). Bref, je pense quand même qu’on va bien s’amuser. Aujourd’hui, j’ai donc rangé ma chambre et l’on a fait quelques petits changements dans la maison (on a enlevé les crucifix, la photo du pape et de l’évêque…). Bref, on a commencé à prendre possession des lieux. Je vais arrêter d’écrire pour aujourd’hui car l’électricité du groupe du SAVE vient de se remettre en route et donc si je veux essayer de mettre des photos il faut que j’y aille. Mais promis demain je continuerais car je suis sûre que vous êtes sur votre fin et que vous attendez tous mes péripéties avec mes élèves : eh oui il y en pas mal pour l’instant. Gros bisous et à demain donc. October 10 trois semaines déjà !!!08 octobre 2006 : Comme tous les dimanches depuis que je suis ici, je prends quelques heures pour vous écrire. Je vais commencer par vous raconter la fabuleuse histoire de l’électricité (qui met toujours du temps à arriver) puis je prendrais la liste précédente. La fabuleuse histoire de la fée électricité : Il était une fois, il y a de cela 15 ans, dans la ville de Sarh, des gens sont venus installer quatre groupes électrogènes. Ces groupes permettaient aux Sarhois d’avoir de l’électricité pour très longtemps. Mais au bout de quatre ans, le premier groupe s’arrête, mais bon on se dit dans la ville : « il y en a encore trois autres donc ce n’est pas grave ». Du coup, on laisse tomber le premier groupe et on allume le deuxième groupe. Quatre ans plus tard qu’arrive-t-il ? Eh oui !!! Le deuxième groupe lâche aussi. Et re belote, on laisse de côté le deuxième pour prendre le troisième. Deux ans plus tard, le troisième fait des siennes aussi. Du coup, on prend le dernier mais ce n’est pas grave il y en a un qui marche. Et voilà, nous arrivons à la fin de l’histoire : cinq ans plus tard, le tout dernier groupe ne marche pas et donc la fée électricité a disparut de Sarh au grand désespoir de tous les habitants. Maintenant de grands spécialistes de la capitale essayent de réparer ou d’en installer un autre, mais cela fait deux mois qu’ils essayent. Vous me direz qu’il faut une morale à l’histoire. Et non, les Tchadiens sont comme cela. Ils ne voient pas l’utilité d’entretenir (faire une révision de temps en temps), de réparer les engins… Il est tellement plus facile d’attendre et de racheter… Mes sorties et mes loisirs : Attention, mes loisirs pour l’instant sont très nombreux. Je commence généralement ma journée par le sudoku du matin et je finis ma journée par une demi-heure (ou même une heure) de lecture. Sinon, dimanche dernier, j’ai regardé un épisode de Nip Tuck sur mon portable et hier après midi, nous (avec Thierry) avons regardé un super film : Neverland. En effet, Thierry a fait réparer une parabole au SAVE. Elle était là depuis un an et demi et personne ne l’a branchée jusqu’à maintenant. Ce qui veut dire qu’ils payaient l’abonnement pour rien (ndtf : soit une perte sèche de 600.000 FCFA) . Donc résumons mes divers loisirs : Sudoku, lecture et deux fois la télé. Sinon, j’oubliais mes discussions avec les jésuites car de temps en temps, après le repas, nous discutons de politique, de la mentalité africaine, de comment faire bouger les choses… Ces discussions sont très philosophiques (car souvent c’est deux jésuites qui ont fait des études de philo) donc je ne comprends pas toujours tout mais bon cela m’amuse pas mal. Mais aussi les heures que je passe pour essayer d’avoir Internet pour vous répondre à vos mail (qui me font très plaisir) et ces rendez-vous du dimanche pour vous écrire. Dans mes loisirs ont peut parler aussi de mes différentes sorties. Depuis trois semaines que je suis ici, j’ai été mangée trois fois en dehors de chez les jésuites : - à l’évêché où il y avait deux prêtres, deux belges (coopérants protestants) et Thierry. C’était très sympa et j’ai pu voir les informations internationales. - chez les Comboniens. C’est une congrégation catholique où il y a deux prêtres dont Livio un italien avec qui travaille Thierry qui est très sympa. Cela fait vingt-cinq ans qu’il est au Tchad et va s’en aller en janvier normalement pour son grand bonheur. Et là, le repas était merveilleux : nous avons eu des pâtes avec de la bonne sauce tomate et surtout du parmesan, ensuite nous avons eu un vrai steak sans os et sans sauce et des beignets de courgettes. Pour le dessert une petite bière avec une compote délicieuse de goyaves. Et pour finir un petit digestif. - Mon troisième repas était hier soir où nous avons, après la messe, étaient (toujours avec Thierry) chez les deux jésuites (frère Alberto et père Luiggi) où il y avait un autre jésuite de passage (père Hariss). Là, nous avons eu le droit de manger en plus du repas traditionnel : du jambon fumé venu tout droit de la ville d’Italie spécialiste de charcutaille et un digestif à la menthe italien. J’ai pu aller deux fois au marché (une fois avec Livio et une autre avec mon directeur) ou tout du moins nous avons été chez Mustapha. Chez Mustapha, c’est la caserne d’Ali Baba. Il y a tout et partout : tout est rangé n’importe comment et les produits tombent même quelque fois des étagères. En tout cas, c’est là que nous ferons nos courses. Sinon, j’ai été cinq ou six fois au point celtel pour avoir une puce mais à chaque fois, ils n’en ont plus. Pour résoudre ce problème, un jésuite m’en a acheté une mais deux fois plus cher. Maintenant j’ai bien ma puce et je peux même vous donner mon nouveau numéro : 662 55 88. Donc vous pouvez appeler quand vous voulez mais il faut attendre que je réussisse à débloquer mon téléphone. Ce n’est pas gagné car Bouygues me donne un code qui ne marche pas. Si cela tarde trop, je vais devoir acheter un nouveau téléphone ou attendre d’aller à N’djamena. Nous avons été voir aussi une association : Association d’Aide aux enfants de la rue du Moyen Chari (AAERMC). Elle a été créée par deux coopérants de la DCC il y a maintenant 10 ans. Cette association s’occupe d’environ trente jeunes qui viennent de la rue. Les enfants sont donc hébergés, nourris, vont à l’école lorsqu’ils ont l’age. Pour compensation, ils doivent s’occuper des potagers, des vaches, lapins et poulets… J’ai trouvé que c’était super organisé et que l’on pourrait les aider mais l'ennuyeux c’est que c’est très loin de Sarh (impossible d’y aller à pied et en vélo pas pour l’instant étant donné que c’est toujours la saison des pluies). On verra bien si l’on pourra faire quelque chose pour les aider. De plus, j’ai été deux fois prendre un pot au bar de l’aéroport : une fois avec les jésuites et l’autre avec Thierry où j’ai pris une bonne bière locale (la Gala) ou un coca. Et pour finir, j’ai été passée l’après midi de dimanche dernier chez une docteur (le docteur Maggy) une française qui vit depuis quinze ans à Bekamba et qui est là pour un mois pour aider à l’hôpital. Voilà vous en savez toujours un peu plus, toutes les semaines, sur ma vie ici. Je pense que je vais réapprendre à vivre simplement et comme dirait Médar (un novice jésuite), je vais vivre un peu comme une sœur. En effet, mis à part mes élèves et Thierry, pour l’instant, nous ne voyons que des prêtres. Mes deux journées noires (jusqu’à maintenant) : C’était mercredi et jeudi d’il y a une semaine (le 27-28 septembre). Ce fut deux jours où j’aurais mieux fait de rester au lit : vous avez déjà sûrement vécu cela en France. Quoique je fasse rien ne marcher : mes élèves étaient insupportables (surtout les 2nde U), je me suis fait gentiment sermonner par un professeur devant mes élèves car j’avais laissé le programme de maths au préfet, je n’arrivais toujours pas à avoir ma puce ni à ouvrir Internet et cela faisait déjà depuis le lundi que j’essayais, il faisait chaud (très chaud)… Ces deux jours noirs se sont enfin terminés jusqu’à ce que la pluie vienne rafraîchir l’atmosphère et que je sois convoquée par le directeur où là quelle chance, j’ai eu ma première paye (demi car cela ne faisait que quinze jours que j’étais là). J’ai donc eu le droit d’avoir 90 000 FCFA (=900 FF) ce qui est largement plus que ce qui était prévu. Mais bon on ne va pas se plaindre même si cela représente sept fois plus que le SMIC tchadien. Ce qui me fait réfléchir à pourquoi suis-je là alors que cela coûte une fortune à mon partenaire ? J’ai mis trop de temps pour vous raconter tout cela et donc je ne pourrais pas mettre tout ce que j’avais prévu de dire mais cela sera pour la prochaine fois. Dans le prochain épisode, je vous raconterais certainement : Mes péripéties avec mes élèves La nourriture tchadienne (même si vous en savez déjà un petit peu)… Gros bisous à tout le monde et à très vite. October 02 mes débuts à Sarh30 septembre 2006 :
Cela fait maintenant deux semaines que je suis à Sarh et je vais pouvoir vous raconter enfin mon petit train de vie ici. Je tenais que vous sachiez que je sacrifie ma messe du dimanche (désolée Thierry) pour vous narrer tout ceci (mais rassurez-vous, j’ai eu quand même trois messes cette semaine). Je reprends donc où j’en étais.
Lundi 18 septembre 2006 : Lever 5h du matin, pour prendre l’avion à 6h15 de la MAF. Après une courte attente, voilà qu’arrive un petit avion. Quand je dis petit, c’est vraiment tout petit. C’est un avion fait pour quatre personnes avec bien sûr le pilote. Je suis seule à prendre l’avion mais avec mes 50kg de bagages, je ne suis vraiment pas rassurée surtout qu’avant de décoller, on fait la prière pour que le vol se passe bien. Après avoir mis les bouchons d’oreilles, nous décollons sans encombre. Finalement le stress diminue, car le vol se passe très bien : pas de secousse et le pilote est très sympa. En plein vol, il me montre sur une carte où l’on en ait, on discute, on prend des photos… Après 2h30 de vol, on fait une courte pause à Koumra pour prendre une sœur Xavière et pour déposer le courrier. Il reste donc 30 min de vol et nous arrivons à Sarh. A l’aéroport de Sarh (enfin la piste d’atterrissage), là personne. Après trente minutes d’attente, la sœur envoie un texto à mon directeur (le père Robert) pour le prévenir de mon arrivée. Il lui envoie un texto qui dit attendre. Donc j’attends. Après donc au moins une heure, le père Robert m’accueille en s’excusant mais il n’était pas au courant. Il me mène donc au centre d’accueil en m’expliquant que c’est là que je vais dormir pour trois quatre jours juste le temps de faire un petit ménage et de réparer le groupe électrogène. Il me laisse 15 min pour prendre possession de ma chambre guère plus grand que mon studio de Paris mais avec douche et lavabo, s’il vous plait. De ma fenêtre, je vois Thierry et vais donc lui dire bonjour. Mais me direz vous qui c’est ce Thierry ?
Thierry est un autre coopérant de la DCC, il est là pour s’occuper du SAVE (radio, cybercafé, studio son et vidéo… catholique). On ne sait pas trop si c’est pour s’occuper de tout ce qui touche à l’informatique ou si c’est pour être directeur mais bon il a du boulot. Le SAVE est juste à côté du centre d’accueil ce qui me permet de le voir souvent : enfin quand mon boulot le permet.
Thierry me relate donc ces premières impressions. Ensuite, le directeur me montre l’école sans me dire quelles classes je vais avoir. Il a fallut attendre le soir pour le savoir.
Mes débuts de cours : Cette année, je vais avoir une classe de quatrième et deux de seconde (une scientifique et une plus littéraire) pour un total de 16h par semaine. Mais attention, il y a aussi 2h d’études par classe ce qui me rajoute 6h de cours. Je crois qu’il y a des heures de soutien aussi mais je ne sais pas encore si j’en ferais. Sinon, je suis professeur principal de la seconde U (non scientifique). J’ai donc pris connaissance avec toutes mes classes dès le mardi (le lendemain de mon arrivée). J’ai deux classes où les élèves sont très sages pour l’instant. La seconde S est très sympa et les quatrièmes sont sages mais à priori certains ne travaillent pas beaucoup (il y a des élèves qui dorment carrément pendant mon cours. Je ne comprends pas pourquoi, mes cours de maths sont passionnants. Peut être est ce à cause de la chaleur et du ramadan qui a commencé ?). Par contre, je pense que je vais avoir plus de mal avec la seconde où je suis prof principal. En effet, j’ai l’impression qu’ils ne me prennent pas au sérieux et qu’ils se moquent de moi (sûrement à cause de mon accent). Mais, cela va changer et plus rapidement qu’ils ne le pensent. Sinon, je pense que le niveau général n’est pas très bon mais cela va sûrement s’améliorer : j’attends de voir les contrôles à la fin de la semaine.
Une journée type : 6h du matin le réveil sonne. J’essaye d’émerger assez rapidement mais c’est difficile. Mes cours débutent à 7h15 (sauf le mercredi où je commence une heure plus tard) et finissent 10h20 ou 12h30 (environ 4h de cours le matin). Ensuite, je mange avec les jésuites (c’est eux qui tiennent le LCCL : lycée collège Charles Lwanga)de 12h45 à 14h. Je rentre dans ma chambre pour me doucher puis soit faire la sieste (surtout les premiers jours), soit travailler (eh oui !!! Il faut bien car je n’avais presque rien fait vu que je ne savais pas quelles classes j’aurais). Après, j’essaye de lire mes mails ou j’essaye d’ouvrir mon blog. Je dis bien j’essaye, car souvent il faut une heure et demi pour seulement ouvrir la page d’accueil de mon mail. Je vais le mardi, jeudi et vendredi faire les études (cela consiste à leur donner des exercices et de les corriger mais je ne chôme pas). De 19h à 20h, je dîne avec les jésuites. La soirée se termine avec les 30 min d’électricité en faisant mon sac pour le lendemain. A 20h30, la fée électricité disparaît et grâce à ma lampe torche solaire (merci Anne Charlotte) ou ma torche dynamo (merci Marie Thérèse) je peux me doucher et lire un bon livre jusqu’à environ 21h ou même 21h30.
Comme vous pouvez le voir, je vais vivre au rythme africain qui est basé au rythme de l’électricité.
Vous en savez un tout petit peu plus sur ma vie à Sarh. Dans le prochain épisode, je vous raconterais certainement : - Mes sorties - Mes deux journées noires (jusqu’à maintenant) - Mes péripéties avec mes élèves… Gros bisous à tout le monde et à très vite. PS : n’hésitez pas à me poser des questions si vous voulez plus de détails sur certaines choses. J’y répondrais ultérieurement. |
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